PETITE HISTOIRE DE LA CIOTAT

24 siècles d’une histoire de paysans, de marins et de constructeurs de navires.

De tous temps, les hommes habitèrent les pourtours du golfe de La Ciotat ("le golfe d'Amour") et son terroir. Les fouilles de l'abri d'Ellianac et de la grotte de Terrevaine confirment la présence de tribus sédentaires au néolithique final (chalcolithique: 3000-2000 av. JC).

La Ciotat a très certainement été fondée vers le IVe siècle avant notre ère par quelques colons phocéens, marins et commerçants grecs qui avaient fondé Massalia (Marseille) deux cents ans auparavant. Les habitants de l'arrière pays, des Celto-Ligures qui occupaient les "oppidums", les rejoignent alors sur le rivage.

Armoiries 1647                                                   Armoiries 1675

La présence de vestiges de villa dans la campagne et d'un cimetière urbain (reste d'un sarcophage romain du IV - Vème au jardin de la ville), témoignent de l'occupation romaine jusqu'au Vème siècle. La ville (Civitas) se nomme alors: "Citharistas Portus", nom latin qui dérive du gréco-ligure "Kitaristes Akron" (le Bec de l'Aigle) et englobe les territoires de La Ciotat et de Ceyreste. Elle est alors une station de l’itinéraire maritime d’Antonin.. Lors de la décadence de l’Empire romain, Citharistas Portus, port longtemps actif et prospère, souffre des troubles et des invasions. Barbares, Burgondes, Goths, Sarrasins se succèdent et même les Normands venus jusqu’ici, depuis leurs lointaines contrées scandinaves.

Durant le VIIeme siècle, les pillages obligent les populations côtières à se réfugier sur l'oppidum de Césarista (qui donnera Ceyreste) et le port reste longtemps abandonné.. Le danger des invasions sarrasines fut considérablement écarté lorsque le Comte Guillaume Ier fit appel aux guerriers de Provence, du Bas Dauphiné et de Nice qui infligèrent aux pirates de cuisantes défaites.. Enfin, en 1303, Charles II ramène une sécurité relative en réglementant la garde des côtes et en instituant des vigies. Les pêcheurs se réinstallent dans l’agglomération qui se recrée autour du port. En 1303, on reparle à nouveau de la "Civitas" ("la ville") qui, de "La Cieutat", se transformera ensuite en "La Ciotat".

En 1364, la reine Jeanne donne à l'Abbaye de Saint-Victor de Marseille tous ses droits et pouvoirs sur la communauté de Ceyreste et le bourg de La Ciotat. Peu à peu, les menaces s'éloignant, le rivage se repeuple. En 1373, l'Abbé de Saint Victor, seigneur des lieux, érige la chapelle du bourg en vicairie perpétuelle.

Depuis une époque reculée le poste de guet, ou vigie, créé sur le Cap de l'Aigle était gardé à tour de rôle par les gens de Ceyreste et ceux de La Ciotat. Cette garde fut à l'origine d'une vive querelle entre les deux populations que le seigneur-abbé de Saint-Victor Guillaume Dulac apaisa en accordant par une charte, le 14 mars 1429, l'autonomie au bourg de La Ciotat et procéda au partage du territoire entre les deux communautés.Cette charte, conservé au Musée de La Ciotat, constitue l’acte de naissance de la commune de La Ciotat. En contrepartie de leur relative indépendance, les Ciotadens se voient assigner des obligations; en particulier; ils sont tenus d’assurer une surveillance au sommet du Bec de l’Aigle et d’y entretenir un feu.

 Armoiries 1650                                                        Armoiries 1669

Au XVeme siècle, le petit bourg de La Ciotat se situait entre les actuelles rues Foch, Donzel et Calade (voir l'index des rues anciennes: index des rues).

Au XVIeme, la population de la ville va augmenter et sera passée de 3000 en 1400, à près de 12000, en 1530 (De Villeneuve-Statistiques des Bouches du Rhône). La ville s'entoure de fortifications (pendant ce temps, Ceyreste végète..) . Le rempart suivait l'actuel tracé des boulevards Jean-Jaurés et de la La République, et la rue Guérin. Le port est protégé par un môle et une forteresse "Lou Bérouard" bâtie en 1551 . Le port de La Ciotat égale en activité celui de Marseille, puis le dépasse au siècle suivant. En 1622 la construction de bateaux dépasse le stade artisanal, c'est à partir de cette date que l'on peut parler de chantiers navals .

Le XVIIeme siècle est l'âge d'or pour La Ciotat.. La ville se couvre de chapelles et de couvents. Elle accueille de nombreuses confréries et congrégations. Des générations de hardis marins et de commerçants entreprenants sillonnent la Méditerranée et créent des comptoirs au Moyen-Orient. La construction navale est florissante sur les chantiers de l'Escalet. En 1675: deuxième partage du territoire avec Ceyreste qui agrandit celui de la Ciotat jusqu'à ses limites actuelles.

Armoiries 1702                                                 Armoiries 1720

Le XVIIIeme siècle verra, par contre, s'amorcer le déclin de La Ciotat.. Marseille, jalouse de sa prospérité, entreprend auprès des gouverneurs de Provence une campagne d'entrave de son commerce maritime: les navires, devant faire obligatoirement une quarantaine à Marseille, se détournent de La Ciotat. La population tombe à 6000 habitants à la suite de la désastreuse guerre de 1777... Les guerres de la Révolution puis de l'Empire accentuent cette décadence. Les Anglais bloquent le port et entraînant le commerce et construction navale dans le marasme total: on ne dénombrait plus que 5 237 habitants au début du XIX° siècle.

Mais La Ciotat fournit à la marine des officiers de qualité :
* Le capitaine de vaisseau Pierre-Antoine de Clavel, ciotaden d’adoption, qui s’illustre aux côtés des républicains américains révoltés contre les Anglais (Guerre d’Indépendance des Etats-Unis).
* L’amiral Honoré Ganteaume, roturier qui prend du galon grâce à la Révolution et à son héroïsme. Il se comporte si brillamment sur les mers que Napoléon le nommera comte d’Empire (voir là: La pétanque  ).
* Le capitaine Etienne Marchand qui effectue des navigations audacieuses et découvre certaines îles de l’archipel de la Société (ici: La pétanque).

Heureusement, grâce à l’industrie des filatures et à l’exploitation du grès, découvert lors de la construction de la route de Marseille à La Ciotat, la situation s’améliore peu à peu. Mais c'est l'industrialisation du port qui sortira La Ciotat de sa lente agonie.

En 1835, on double la capacité du port en construisant la jetée du Bérouard. Un industriel: Louis Benet, y installe une usine de machines à vapeur et lancera en 1836, en collaboration avec Vence, le constructeur naval ciotaden, le premier paquebot à vapeur français de la Méditerranée. Ruiné par la Révolution de 1848, il cède ses ateliers , en 1851, au Service Maritime des Messageries Nationales (qui deviendront Impériales en 1853 puis Maritimes en 1871). En 1859, le chemin de fer arrive à La Ciotat et Armand Béhic, Directeur des Messageries inaugure, en 1869, le premier bassin de radoub.

Armoiries XIXeme                                                 Armoiries XXeme

La ville sera éclairée par le gaz à partir de 1861 et on construit un nouvel hôtel de ville en 1864 (celui qui abrite actuellement le Musée Ciotaden). En 1875, la population dépasse 10 000 habitants et elle atteindra 12 370 habitants en 1906.

A partir de 1894 commence l' épopée du Cinématographe et des Lumière (voir la page qui y est consacrée: Le Cinématographe et les Lumière  ). Les ciotadens inventent la "Pétanque" en 1910 (voir là: La pétanque  ).

Les chantiers sont repris en 1916 par la S.P.C.N (Société Provençale de Constructions Navales). La Ciotat est éclairée à l'électricité en 1924. En 1940, le groupe Terrin achète la S.P.C.N et fonde : les "Chantiers Navals de La Ciotat" (C.N.C). A la fin de la seconde guerre mondiale, La Ciotat compte 13410 habitants, ils seront 32000 après l'expansion des "trente glorieuses" en 1975. En 1982, l'état fusionne les chantiers de La Ciotat, de La Seyne et ceux de Dunkerque: c'est la "NORMED". Mais la crise qui débute va avoir raison de cette société et le dernier lancement de navire à La Ciotat aura lieu en 1987. La ville, sinistrée par le chomage, en raison de cette crise dans la construction navale voit à nouveau décroître sa population durant cette fin du XXeme siècle.

En ce début du XXIeme, si la ville n'a pu encore retrouver sa vigueur industrielle d'antan, diverses implantations de nouvelles entreprises dans des secteurs divers et innovants (maritime ou autres) et son attrait touristique donnent cependant l'espoir d'un renouveau à cette vieille et courageuse cité.

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