LE CINEMATOGRAPHE LUMIERE    

 

Affiche du Cinématographe Lumière

 

I - POUR LES LUMIERE, AVANT LE CINE, IL Y A SURTOUT LA PHOTO :    

 

C’était encore le temps des plaques photographiques humides au collodion, que le photographe préparait lui-même. Apparurent alors sur le marché les plaques sèches, toutes préparées, du Belge Monc-koven. Antoine pensa que cette préparation ne devait pas rester un monopole étranger...

 

un des 1er appareil photo (1820)           Daguerre 1829           Daguerre 1835           Daguerre (1839)

 

Antoine était alors établi à Lyon comme Photographe. Louis et Auguste étaient élèves à la Martinière , le plus grand lycée technique de Lyon. Louis, qui n’a que 15 ans, décide de s’intéresser à la fabrication de ces plaques. Dès 1879, il parvient à mettre au point une formule d’émulsions plus rapides et plus régulières qui pourraient être produites industriellement .


Pourtant, son père ne lui facilite pas les choses : il lui refuse des balances de précision, l’obligeant à aller doser ses produits chez le pharmacien voisin. (D’après G. Berni et L. Jeansoulin - “L’Aventure Cinématographique en Provence”). Auguste, l’aîné, est moins intéressé par toute cette “chimie”. Il est plus attiré par la médecine (il sera à l’origine du célèbre tulle gras Lumière pour traiter les brûlures). En presque soixante ans de travaux et de recherche : chimie, physique , médecine, mécanique, optique, les frères vont déposer cent quarante trois brevets !

 

Louis et Auguste dans leur labo

 

Antoine décide, en 1883, de construire une usine au quartier Montplaisir à Lyon. Il vend son magasin de photographie. Mais il a vu trop grand. Sur le point de faire faillite, il abandonne la direction de l’affaire à ses deux fils qui vont la sauver et la faire prospérer.

Car, entre-temps, Louis réussit à mettre au point une nouvelle émulsion d’une rapidité supérieure, d’une grande régularité et dont les qualités satisfont tout le monde professionnel et amateur (la célèbre “Etiquette Bleue”). Sous l’impulsion des deux frères, l’usine de Montplaisir est en plein essor : 18 000 douzaines de plaques fabriquées en 1883, 2 500 000 en 1900 ! Dans le même temps, le nombre d’employés passe d’une dizaine à 500 en 1900.C’est le commencement d’une réussite industrielle que les Lumière devront plus aux pellicules photographiques qu’au cinématographe..

 

Plaques Lumière

 

II - PENDANT CE TEMPS LA..:

 

Marey     Demeny    Edison

 

Une longue série de chercheurs, au nombre desquels Plateau (1832), Horner (1834), Janssen (1874), Reynaud (1880), Muybridge (1880), Marey (1891), Demeny (1892) cherchent longuement à faire bouger l’image avec des appareils aux noms complexes : thaumatrope, phénakistiscope, zootrope…

 

zootrope       praxinoscope      Praxinoscope à projection

Le Fusil de Marey

 

Edison, qui a déjà à son actif  l’invention du " phonographe " en 1888 (en concurrence avec Charles Cros) et celle du " film 35 mm " (à peu près tel qu’il est encore employé de nos jours), invente un appareil baptisé " kinétoscope ". L'appareil permet la reproduction du mouvement, mais présente deux défauts : d’abord, il est lourd (500 kg: c’était une grande caisse de bois dans laquelle on regardait par un oculaire le film sans fin qui se déroulait électriquement, éclairé par une lampe) et, deuxième défaut, une seule personne à la fois pouvait regarder.

 

Salle de projection "kinétoscopique"         Le Kinétoscope        Les productions "Edison"

 

Or, un jour de 1894, Antoine découvre à Paris le " kinéscope " qui vient d’être mis sur le marché par Edison . La légende veut qu' après l’avoir expérimenté chez Lionel Wermer, Antoine Lumière ait fait, pour 6000 F, l’achat d’un de ces appareils et de 8 bandes qu’il aurait ramené à Lyon. Mais Louis a toujours soutenu qu’il n’avait jamais vu de kinétoscope avant de faire sa propre découverte…

 

III - EUREKA ! :

 

Louis s’était mis aussi à chercher de son côté. Ce qu’il voulait réaliser, c’était un appareil léger, permettant de montrer sur un écran à toute une salle, des scènes animées.

Animation

 

Le principal problème à résoudre était de trouver un système d’entraînement de la bande d’images de façon à exploiter au mieux la particularité connue depuis presque deux mille ans de la « persistance rétinienne »:

La rétine a le curieux privilège de garder l’image des objets qui la frappent un court instant (1/10° de seconde environ) après leur disparition et ce, d’autant plus longtemps que l’objet est lumineux, d'où l'illusion du mouvement.

persistance rétinienne

Or, un matin du début de 1894, Louis, souffrant, ne dort pas: il pose les conditions à remplir pour atteindre le but recherché et imagine un mécanisme:

« Il consiste à imprimer, à un cadre porte-griffe, un mouvement produit par un mécanisme analogue à un pied-de-biche de machine à coudre, les griffes s’enfonçant, au sommet de la course, dans des perforations pratiquées sur les bords de la pellicule porteuse d’images pour entraîner celle-ci, et se retirant au bas de cette course, laissant l’image immobile lors de la remontée du système d’entrainement »

Louis Lumière venait, en une nuit, d’inventer le « cinématographe », dont le nom, imaginé par Boully, depuis un an déjà, faisait l’objet d’un brevet sans qu’il le sache. Cet appareil allait jouer un rôle aussi important que celui de l’imprimerie à la veille de la Renaissance!

 

Le cinématographe            Avec sa lanterne d'éclairage            Trépied de transport

 

Un premier prototype, dessiné et fabriqué par Louis Lumière et Charles Moisson, chef mécanicien des usines Lumière, est conservé au Musée du Cinéma, à Lyon. Le second est au Musée du Conservatoire des Arts et Métiers, à Paris. C’est avec lui que fut tourné le premier film au monde : « La Sortie des Usines Lumière à Lyon ».

L’appareil est constitué par une caissette de 5 kg qui se transporte comme une valise. Il sert à la fois à la prise de vue et à la projection grâce à un disque obturateur dont on peut régler l’ouverture. Il fait également office de tireuse.

Il devient alors facile de filmer les scènes, de développer les films, les tirer, les fixer, les laver, les sécher et les projeter soi-même. Cet appareil va bientôt permettre à toute une pléiade d’opérateurs de sillonner le monde..

 

Cinématographe (intérieur)       Cinématographe (intérieur)       Cinématographe (intérieur)


Restait à fabriquer les pellicules. Les premiers essais, avec des bandes de papier photographique fabriqué à Montplaisir, donnent d’excellents résultats au tirage, mais leur projection est impossible du fait de l’opacité du papier. Le film en celluloïd serait idéal mais il est introuvable en France. Un chef de service est envoyé aux U.S.A. pour s’en procurer. Il en ramène des feuilles non sensibilisées. Il suffira de les couvrir d’émulsion, de les découper et de les perforer. Désormais, les Lumière sont prêts à passer à l’action!

 

IV - PREMIERS FILMS - PREMIERES PROJECTIONS :


C’est dans l’ambiance détendue de leur résidence de La Ciotat que va être réalisée, à partir de l’été 1894, une partie de la cinquantaine de films, d’une durée d’1 mn, qui figureront au programme des premières projections cinématographiques.

Après le dépôt du brevet cosigné par Louis et Auguste le 13 février 1895, la première démonstration officielle a lieu à Paris, le 22 mars 1895, devant la Société d’Encouragement. Un seul film est projeté: « La sortie des usines Lumière à Lyon », tourné probablement à la fin de l’été 1894, car les hommes portent des chapeaux de paille et les femmes sont en robe d’été.. Louis Lumière précisa : « Il fallait d’ailleurs un grand soleil, car je disposais d’un objectif peu lumineux... ».

 


Une deuxième projection est donnée à Lyon le 10 juin 1895, à l’occasion du Congrès des Sociétés françaises de photographie. Cette fois, sept films accompagnent la « Sortie des Usines... », au nombre desquels les deux premiers sketches comiques de l’histoire du cinéma, tournés à La Ciotat, au cours de l’été 1894 :

-« Le déjeuner de Bébé » avec un bambin essayant d’attraper des poissons rouges dans un bocal à l’aide d’une cuiller. Louis a filmé, au Clos des Plages, son frère et sa belle-soeur avec leur fille Andrée (née en 1894).

-« Le jardinier et l’espiègle » ancien titre du célèbre « Arroseur arrosé ». Le rôle du jardinier y était tenu par François Clerc (né en 1868, il fut jardinier un an ou deux chez les Lumière à La Ciotat, avant de partir à Lyon comme jardinier à Montplaisir, puis à l’usine comme « débarrasseur »).

 

 

Propos de Clerc recueillis par M. Aubenas, journaliste des “ Allobroges ”, le 21 juin 1949 :

“J’ai gardé un précieux souvenir du père Lumière établi à La Ciotat, et de ses trois enfants Louis, Auguste et ce petit diable d’Edouard. A cette époque, qui remonte disons vers 1894, Louis et Auguste Lumière, encouragés par leur père, travaillaient dur pour mettre au point une curieuse machine à photographier, munie d’une manivelle qu’il fallait tourner à la main pour que le tout donne quelque chose. Cette mise au point fut laborieuse, Louis se rongeant les ongles et Auguste, le nez en l’air, cherchant semble-t-il au ciel la bonne inspiration.

“Brusquement, un beau matin d’été, les deux jeunes gens vinrent me trouver au bout du jardin dans lequel je travaillais, suivis de ce petit coquin d’Edouard, tous trois porteurs d’un extraordinaire attirail. Louis monta le trépied, Auguste ajouta au-dessus sa boîte à manivelle et Edouard allait chercher, à quelques pas de là, un tuyau d’arrosage.

“Il y avait là-dessous un noir mystère dont je devais faire les frais, tout en me haussant au rang de premier acteur de cinéma du monde. Lorsque tout fut installé, alors que Louis tenait déjà la manivelle de sa curieuse boîte, Auguste me dit : “ François, prends le jet et arrose devant toi, sans te préoccuper de nous. Edouard, en pressant avec le pied sur le tuyau, te donnera ou t’enlèvera de l’eau ”. Les choses se firent comme convenu et ce fut ainsi que j’arrosai par jet saccadé, l’eau me giclant parfois au visage, tandis que Louis et Auguste tournaient sans arrêt leur fameuse manivelle, dirigeant continuellement sur moi l’oeil en verre de cette boîte”.

Mais sans le savoir, François Clerc se trompe : l’espiègle qui le surprend n’est pas Edouard mais un Ciotaden : Léon Trotobas (né en 1873) dont le nom se trouvera par la suite regrettablement occulté dans tous les ouvrages relatifs au début du cinéma. On le confondra aussi dans cette première version avec Clerc dans le rôle de l’Arroseur, pourtant, il n’en avait pas l’âge !!

Léon Trotobas

Mais les Lumière répétaient souvent les prises (expérience oblige) et il se peut très bien que deux versions aient été tournées à La Ciotat, l’une avec Edouard, l’autre avec Trotobas qui, plus lourd à 22 ans qu’un gamin de 10 ans, devait mieux arriver à interrompre le jet.

Une troisième version, plus élaborée, devait être réalisée par la suite, vraisemblablement en 1896, à Montplaisir. On y voit un gamin appuyer sur le tuyau avec lequel un jardinier arrose des fleurs. Celui-ci, surpris de voir le jet s’arrêter, examine la lance. Le gamin lève le pied, le jet repart et asperge l’arroseur. Furieux, il court après l’espiègle et lui administre une fessée.

C’est la version définitive. Le rôle de l’Arroseur y était toujours tenu par François Clerc et celui de l’ Espiègle par un jeune employé du service de l’emballage de l’usine : Duval (qui y travaillera pendant 42 ans).

Nouvelle séance le 11 juillet 1895 à Paris, dans les locaux de la « Revue Générale des Sciences » : “ Le cinématographe était éclairé à la lumière électrique au moyen d’une lanterne. Ses images étaient projetées sur un écran éloigné de 5m, constitué par une toile fine tendue dans l’embrasure d’une porte ...”

A La Ciotat, la première projection connue a eu lieu le 21 septembre 1895, comme l’atteste la carte d’invitation ci-dessous visible au Musée Ciotaden.

 

Invitation à la séance privée de 1895


Un article de Léo Bonifay relate, dans « Le Petit Marseillais » du 24 septembre, les détails de cette expérience:

“ Nous avons eu la bonne fortune d’assister à la première expérience. M. Lumière était tout jeune, il n’avait que 31 ans…. M. Antoine Lumière avait réuni ce soir-là près de 150 invités que recevaient, avec une grâce charmante, ses filles, Mademoiselle Lumière et Madame Winckler, dans son immense et luxueux salon de son château du Clos des Plages. M. Louis Lumière renouvela lui-même, devant les invités de son père, les expériences qu’il avait faites, le 11 juillet précédent, au siège de la “ Revue Générale des Sciences ”, et nous fûmes émerveillés devant la vie que prenaient ces images sur l’écran. Il était bien rudimentaire pourtant, l’appareil employé : une boîte de petite apparence, reposant sur des pieds d’appareil photographique, permettait de montrer au public, pendant une minute, en les projetant sur un écran grâce à la lumière électrique d’une lanterne Moltini, des scènes animées d’une façon saisissante ”.

Les pellicules n’avaient alors pas plus de 15 à 16 m de long, et 3 cm de large. Elles se déroulaient à raison de15 images à la seconde. La projection se faisait sur un écran éloigné de 7 à 8 m de l’appareil dont la manivelle était tournée à la main au rythme de “Sambre et Meuse”.

Léo Bonifay note aussi que certains des films avaient été tournés à La Ciotat: “Baignade sur la plage”, le “Repas de Bébé” et, enfin, l’emblématique “Arrivée du train en gare de La Ciotat” qui figure pour la première fois dans les catalogues ( Louis Lumière avait-il voulu en réserver la primeur aux Ciotadens?). Toujours est-il qu’après avoir fait le tour du monde ce film allait sacrer La Ciotat : “Berceau du Cinéma”.

V - LE FAMEUX TRAIN DE LA GARE DE LA CIOTAT :

 

Il semble bien qu’en se rendant ce jour-là à la gare, probablement durant son séjour estival de 1895 au Clos des Plages, Louis Lumière ait surtout voulu filmer sa mère, en pèlerine écossaise et sa fille Suzanne encore toute jeune (née en 1894 et qui deviendra, plus tard, Mme Trarieux). Mme Antoine Lumière est accompagnée de la bonne. Peut-être revenaient-elles toutes trois de faire des courses à Marseille? Le “Guide Chaix” de l’époque permet d’affirmer qu’il ne s’agissait pas du train direct Lyon-La Ciotat, qui arrivait à 21 h 20, mais bien de l’omnibus n°309 desservant, en 10 h, les 56 gares échelonnées entre Marseille et Vintimille. Il arrivait en début d’après-midi (d’où l’éclairage du soleil au zénith, légèrement orienté à l’ouest) tracté par la locomotive 121 pourvue de grandes roues motrices. L’examen de l’image permet d’identifier la colline qui barre l’horizon à l’arrière plan: il s’agit sans conteste du Pas d’Oullier, dont l’altitude voisine les 500 m.

 

La Gare en 1890   Images de l'arrivée du train en gare  La Gare en 1904

 

Une deuxième version a été réalisée à La Ciotat. Cette fois, l’arrivée du train venant de Marseille est précédée par le passage d’un train venant en sens inverse, c’est à dire de Toulon. D’autres versions furent ensuite tournées, notamment à Lyon, Aix-les-Bains, Villefranche sur Saône, de même qu’à l’étranger. Mais la première version a bien été tournée à La Ciotat!

L’effet sur le public est saisissant ! La locomotive est au début imperceptible et le plan est dominé par la fuite des rails et la bordure du quai. Puis, quelques voyageurs se reculent, la locomotive grossit à l’horizon et fonce en direction des spectateurs. Certains, craignant d’être écrasés, se reculeront instinctivement sur leur chaise. Georges Franju, le metteur en scène n’hésitera pas à qualifier “L’Arrivée du Train” de “premier film d’épouvante”!

 

VI - LE CINEMATOGRAPHE FACE AU PUBLIC :

 

Les Lumière envoient Antoine à Paris chercher une salle d’exploitation. Son ancien collaborateur, Maurice Clément , lui trouve le “Salon Indien”: aménagé dans le sous-sol du Grand Café, 14 Bd des Capucines, il pouvait accueillir 120 spectateurs. Le propriétaire, méfiant, refuse les 20% sur les recettes pour exiger une location journalière de 30 F (soit, environ, 90 €).

La première représentation publique a lieu le 28 décembre 1895.

Le prix des places a été fixé à 1 F (env.3 €) pour une projection d’une vingtaine de minutes. Des invitations ont été adressées aux chroniqueurs scientifiques de diverses publications ainsi qu’à la Direction de plusieurs théâtres. La projection est assurée par M. Moisson, en présence d’Antoine.

Une des 1ères affiches

Ce premier programme comportait plusieurs films tournés à La Ciotat : “La Pêche aux Poissons rouges”, “La mer” et, bien sûr, “L’arroseur arrosé”. Curieusement, “L’Arrivée d’un Train...” n’y figurait pas. Mais, par la suite, cette séquence devint un best- seller! On y voyait aussi des scènes de famille, comme la “ Partie d’Ecarté ” (peut-être tournée à La Ciotat) dont les trois partenaires étaient Antoine, son ami Trewey, “ombromane” et prestidigitateur, et le brasseur lyonnais Winckler, père de Mmes Louis et Auguste Lumière.

On ne peut pas dire que ce fut un succès public franc et massif. Seuls 35 spectateurs firent le déplacement, et la presse ignora superbement cette première. Seul le quotidien “Le Radical” rendit compte le 30 décembre de la soirée du “Salon Indien” : 52 lignes en page des faits divers, sous le titre neutre “Le Cinématographe”.

Lanterne projecteur  Article du Radical(suite)  Georges Mélies 

Chez les spécialistes, par contre, ce fut un triomphe. Dès la fin de la séance, Georges Méliès offrait à Antoine 10 000 F pour l’achat de l’appareil. Un autre allait jusqu’à 20 000 F, et le directeur des Folies Bergères jusqu’à 50 000 F!. Ils avaient deviné l’immense succès qu’allait avoir cette découverte. Pourtant, à chacun, Antoine répondait : “Cette invention n’est pas à vendre. Pour vous, elle serait une ruine. Elle peut être exploitée quelque temps comme une curiosité scientifique, mais elle n’a aucun avenir commercial”...!

Bientôt, l’affluence fut telle, durant les premiers mois de 1896, qu’on dut donner 20 séances par jour. Elles commençaient à 10 h du matin et ne se terminaient qu’à 1 h 1/2 de la nuit. Chaque programme comportait une dizaine de films. Il fallait ensuite recharger l’appareil et évacuer les spectateurs pour en accueillir de nouveaux.

 

Mais La Ciotat, grâce à Antoine Lumière et à ses fils géniaux: Auguste et Louis, avait connu la première séance cinématographique publique trois mois avant Paris. Leurs films, devenus "patrimoine international", sont conservés dans les cinémathèques des cinq continents et certains peuvent être vus au Musée Ciotaden.

La ville, reconnaissante, a érigé, en août 1958, un monument à la mémoire de ses deux citoyens d’honneur: Auguste et Louis Lumière, face à ce « golfe d’Amour » qu’ils ont tant aimé et si bien servi.


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