Le CINEMA arrive à La Ciotat   

(A travers la presse de l’époque)

L'Eden

 

Le 10 janvier 1900, à l’occasion de la remise de la Légion d’Honneur à Louis Lumière, Léo Bonifay écrit dans le “Petit Marseillais” :

“C’est à ce distingué chimiste et à son frère Auguste que l’on doit le cinématographe. Rappelons aussi que la première représentation publique de cette ingénieuse invention eut lieu à La Ciotat le 21 septembre 1895 au Clos des Plages et que les invités qui eurent l’heur d’assister à cette soirée…en gardent encore un admirable souvenir”.

Cette représentation privée, à laquelle avait été conviée l’élite ciotadenne et marseillaise et que la presse locale avait décrite le 24 septembre (voir la page sur le Cinématographe) ne pouvait rester réservée à quelques privilégiés et donc, après Paris (28 décembre 1895), le Cinématographe Lumière s’installe, le 6 mars 1896, à Marseille au 3, rue Noailles. (Une plaque est apposée au n°53 de La Canebière).

Plaque commémorative sur la Cannebière

 

Les séances avaient lieu tous les jours de 10 h à midi et de 13 h à minuit et l’entrée coûtait 50 centimes (1,5 €). Le succès du début ne fut qu’un effet de curiosité et ne dura pas: à partir de 1897, les journaux ne font plus allusion au Cinématographe Lumière...

A La Ciotat, pour la première fois, le 21 mars 1899, Augustin Chateigner, employé aux Messageries Maritimes et correspondant du “Soleil du Midi”, mentionne dans son journal:

“Le Royal Biographe” dans ses projections cinématographiques (à cette époque, chaque organisateur de séance amenait son propre matériel : appareils de marques différentes, écran,...) : près de 250 personnes y assistaient. Demain mercredi, 2ème séance”.


Ces deux représentations eurent lieu à l’Eden-Théâtre.

Affiche du Royal Biograph

 

Puis, jusqu’en 1901, à nouveau plus aucune mention de projection. Le Cinéma tend à être remplacé par des dioramas et des stéréoramas ou autres projections lumineuses. Enfin, le 24 novembre 1901, Chateigner rapporte la séance suivante:

Dimanche - Palais des Merveilles"
1ère partie - Les visions artistiques - Tableaux vivants éclairés par les projections oxhydriques
2ème partie - Les Danses lumineuses, par Mademoiselle Andréani
3ème partie - Les photographies animées, par le Royal Cinématographe
Derniers perfectionnements - Vues d’actualité récente

Avec ce commentaire laconique : “ Peu de monde à cause de la pluie ”.

En 1902, deux prospectus témoignent d’une reprise des projections :

“Dimanche 23 mars 1902 - Pour un jour seulement- Salle du Théâtre municipal de La Ciotat"
Grande séance de Cinéma - Théâtre en 30 tableaux
Photographies animées représentées sur un écran de 9 m2
Une grande course de taureaux (avec mise à mort!!)
Cambrioleur insaisissable - La bonne omelette illusionniste fin de siècle - L’habillage express
Farce de marmiton - Le réveil de Pierrot
Place de la République, à Paris - Episodes des guerres 1870-71
Prix des places : Premières : 0,50 F - Secondes : 0,30 F
Les militaires et les enfants paient demi-place

"Dimanche 14 décembre 1902 - Eden-Concert"
Deux grandes représentations par le Cinématographe Morand :
Système Lumière, perfectionné modèle 1902 - Avec ses scènes merveilleuses et hilarantes
Prix des places habituel

Commentaire : “ Peu de monde, le mécanisme se détraquant à chaque instant.”.

Plus tard, Léo Bonifay dans "Le Petit Marseillais":

“4 septembre 1904 : Aujourd’hui dimanche, à l’Eden-Cinéma, grande représentation du Théâtre international Urania, de Budapest"
Pendant 2 heures, défileront 222 tableaux représentant des voyages autour du Monde, des vues de Paris et de Versailles, ainsi que des sujets d’actualité comme la guerre russo-japonaise, etc... Vous verrez aussi une corrida d’un effet saisissant et d’autres vues animées par un cinématographe sans oscillation, du dernier perfectionnement, accompagné par le meilleur gramophone, ce qui en augmente l’attrait.

Pour l’année 1905, nous trouvons seulement cette annonce du “Petit Marseillais” du 17 mai:

“Dans les soirées de demain jeudi, vendredi et samedi, ainsi que dimanche en matinée et soirée, auront lieu au Théâtre municipal des représentations données par l’Impérial Kinétograph, qui offrent l’attrait d’un spectacle des plus intéressants, pleinement justifiées par le succès qu’elles obtiennent”.

L'ancien Théâtre Municipal

 

Nous sautons ensuite en 1906, avec cette annonce publicitaire :

“26 janvier 1906 : Ce soir à l’Eden, représentation du Cinématographe royal, avec intermède par le théâtroscope”.

Puis, le 31 mars 1906, apparaissent (déjà) des noms ronflants venus d’outre atlantique (pour plus d’exotisme!) :

L’Electro-Théâtre Américain, la plus grande attraction du monde, s’excuse de n’avoir pu donner ses représentations lundi dernier pour une cause indépendante de sa volonté. Il les annonce pour lundi prochain, 2 avril”.

5 avril 1906: compte-rendu des représentations suivantes publié par “Le Petit Marseillais” :

“L’Electro-Théâtre Américain, qui s’était installé dans les environs du Marché couvert et avait commencé ses représentations avant-hier mardi, n’a pas eu d’heureux débuts. Déjà, à la représentation de l’après-midi, par suite du mauvais fonctionnement de la machine, la direction se vit obligée de donner aux spectateurs des jetons pour la représentation du soir. Mais à celle-ci, les choses n’allèrent pas mieux. Si quelques vues avaient de la netteté, pour d’autres, au contraire, la lumière s’éteignit à maintes reprises; d’autres encore étaient floues, ce qui provoqua des sifflets et des cris. De plus, outre que le spectacle était loin de les satisfaire, il fut jugé bien trop court; et, à l’annonce qu’il était terminé, le public désappointé, n’en ayant pas pour son argent, s’exaspéra et, avant de sortir, se mit à saccager l’établissement, brisant les banquettes, lacérant les toiles, coupant des cordes, manifestant ainsi son mécontentement ”.

Annonce de l'Eden

Après ces séances itinérantes malheureuses, le cinéma s’établit préférentiellement, à La Ciotat, dans la salle de l’Eden:

24 août 1906 – “Devant le succès obtenu à l’Eden par le “Cinématographe Universel”, la direction de cet établissement nous prie d’informer le public et les familles qu’il sera donné ce soir une brillante représentation avec vues et projections inédites”.

1er septembre – “Pour aujourd’hui samedi et demain dimanche, 3 séances sensationnelles données par le nouveau “Cinématographe Parisien », avec un programme des plus variés et des vues nouvelles et d’actualité. Représentations données par un appareil des plus perfectionnés afin d’éviter les arrêts, les trépidations, et assurer aux spectateurs une agréable soirée”.

3 novembre – “Le Cinématographe Parisien donne à l’Eden une grande représentation de famille”.

11 novembre : “Représentation à l’Eden du Cinéma Théâtre Moderne avec vues nouvelles et d’actualité”.

Modern'cinéma 1906

21 novembre - “Par la perfection de son mécanisme, son éblouissant éclairage, la netteté des vues animées qui se déroulent sans la moindre trépidation, le cinématographe français du Théâtre mondain de M. Dulaar, installé depuis dimanche dernier sur la place du marché, constitue par la variété des sujets cinématographiques admirablement présentés un spectacle vraiment merveilleux".

26 novembre - “La direction de l’Eden informe sa clientèle qu’elle donnera incessamment une série de projections avec le Cinématographe Moderne qui peut, grâce à un contrat avec une importante maison de films, faire défiler chaque soir sous vos yeux plus de 300 mètres de vues nouvelles et inédites. La durée des spectacles sera environ de 2 h et demie. L’entrée est fixée à 20 centimes”.

Enfin, pour terminer l’année 1906, le 30 décembre:
Théâtre mondain : Le succès qu’obtient tous les soirs le “ Cinématographe Français ” ne se ralentit pas. A chaque représentation, les vues sont variées et la sortie des ouvriers des Ateliers constituent une scène de la vie locale curieusement animée”.


Rien durant les premiers mois de1907… C’est pourtant de cette année-là que datent les séances "assez" régulières dans une salle spécialisée, puis:

“Le Petit Marseillais” du 1er mai 1907 :
“On nous annonce que de très intéressantes séances de Cinématographe Pathé frères, sous la direction de Sylvain Brémond, seront données dans la salle de l’Eden. Le Cinématographe Pathé, mû par l’électricité, étant aussi bien apprécié par l’ensemble de son fonctionnement que par la diversité de ses vues, nul doute qu’un public nombreux se presse dans la salle du boulevard de la Tasse”.

A partir du mois de juin apparaît M. Trewey, familier du Château du Clos des Plages et ami de Louis Lumière, dont il commercialisait l’appareil cinématographique.

Mr Trewey 1907

“Le Petit Marseillais” du 2 juin 1907 :
" Aujourd’hui, dimanche, en matinée et soirée, seront données à l’Eden de très intéressantes séances de cinématographie sous la direction de M. Trewey. Ce nouveau genre d’appareil, mû par l’électricité, est bien supérieur à tout ce qu’on a vu dans notre ville jusqu’à ce jour. C’est le dernier cri de la reproduction des scènes animées. Du reste, M. Lumière qui, on le sait, est l’inventeur du procédé, a veillé lui-même à son installation. Nous sommes persuadés qu’un public amateur de ce genre se rendra en nombre dans la salle de l’Eden".

Le 15 juin suivant :

“Le Cinématographe à La Ciotat : La représentation que M. Trewey offrait jeudi soir au public ciotaden, peut être considérée comme la première soirée d’ouverture des séances que cet imprésario donnera dans la salle de l’Eden pendant la saison d’été. Le fonctionnement du Cinématographe Lumière qui en est la principale attraction, a été très réussi, aussi bien par son éclairage que par son fonctionnement et surtout par l’originalité des scènes présentées. Aussi, le public en a-t-il emporté une impression de satisfaction tout à l’éloge de M. Trewey. Ces représentations seront continuées régulièrement tous les jeudis et dimanches, en matinées et soirées”.

Affiche Lumière

 

L’ère du cinéma forain s’achève; celle du cinéma en salle spécialisée commence.

Le 4 juillet 1907, nouvel article du “Petit Marseillais”:
“ Les séances de Cinématographe Lumière, données par M. Trewey à l’Eden, ont maintenant auprès du public un succès que justifie la perfection du procédé. Il est difficile d’obtenir un effet plus saisissant de vérité, d’autant que ces tableaux - dont la plupart sont coloriés - sont encore rehaussés par un accompagnement au piano, exécuté avec un talent très apprécié par M. Bressart. Ce soir, à la demande générale : « Les chiens policiers” et, pour la dernière fois, “ La Veuve du Marin”, scène des plus dramatiques”.

Puis, reprise des séances avec un autre imprésario : Sylvain Brémond, et le retour du nom d’un autre “grand” du cinéma : Pathé, implanté déjà depuis deux ans à Marseille. Les séances ont toujours lieu dans la salle de l’Eden qui, d’Eden-Concert d’abord, puis Eden-Théâtre, devient Eden-Cinéma: le seul établissement cinématographique ciotaden jusqu’en octobre 1912.

“Petit Marseillais”du 21 septembre 1907 :
“Ce soir, samedi et demain dimanche, séance du Cinématographe Pathé Frères, sous la direction de M. Sylvain Brémond. Vues nouvelles à chaque séance”.

 

Affiche Pathé frères 1907

Le 1er décembre, grande nouvelle:
“Nous nous faisons un plaisir d’annoncer qu’à partir d’aujourd’hui, l’Eden et ses dépendances seront éclairés par l’électricité. C’est une innovation qui ne peut manquer d’être appréciée, car ce sera le seul établissement qui soit doté de la lumière électrique. Cette installation a été faite en vue du cinématographe”.

Le 22 décembre:
“Aujourd’hui, dimanche, en matinée et soirée, représentation cinématographique par la tournée du grand Théâtre Electric-américan, sous la direction de Sylvain Brémond”.

Les séances se poursuivent régulièrement en 1908. Le 30 mars, voici ce qui paraît en rubrique locale, sous le titre “Eden-Cinéma” :
"Nous apprenons que les artistes des principaux théâtres de Paris, engagés par l’administration Pathé (Compagnie Théophile Pathé), pour figurer dans les vues cinématographiques dont les scènes se déroulent dans notre ville, et qui résident depuis quelques mois déjà dans le riant quartier de St-Jean, vont représenter ce soir à l’Eden les vues qu’ils ont réalisées. Au programme :
- “L’invitation originale », scène comique à trucs, exécutée au Port-Lumière et sur le quai des Messageries ;
- “ La Fiancée du Chercheur d’Or », scène dramatique exécutée à Marseille et à Mazargues ;
- “ L’Art de payer son terme », scène comique exécutée sur le théâtre en plein air de la Villa Maunier, à St-Jean, etc..
Ces représentations auront lieu plusieurs fois par semaine”.

Commentaire du 1er avril 1908 :
“La représentation de cinématographie que M. Blutel, le sympathique directeur de la Maison Pathé a donnée lundi, a remporté un bien légitime succès.
Les vues intéressantes qui se sont déroulées pendant deux heures, particulièrement celles qui avaient pour cadre divers points de notre ville, ont eu les faveurs du public. Nous ne doutons pas que dans les prochaines séances où, presque exclusivement, des vues locales seront présentées, un nombreux public viendra dans la salle de l’Eden”.

 

Affiche Pathé

 

Durant l’année 1909, le journal continue de donner le “programme” :

- le 7 février : Vues sensationnelles: entre autres, Wilburg Wright, le célèbre aviateur.

- le 7 mars : Vues nouvelles et sensationnelles sur la catastrophe de Messine (tremblement de terre de 1908 en Sicile).

- le 16 mai : Voyage du Président Fallière à Stockolm, les Dynamiteurs, etc …

- le 23 mai : Voyage à Pompéi - Les dessous de Paris et Apaches du Far West (les premiers “Westerns” arrivent..).

En juin, apparition d’un genre nouveau: aux scènes d’actualité ou de documentaire, s’ajoutent maintenant des films construits. Ce sont les films de Georges Méliès, à qui le cinéma doit ses trucs, ses artifices, ses décors, ses féeries et autres illusions :

- le 20 juin : Ali-Baba, attrayante et sensationnelle féerie;

- le 26 juin : Barbe-Bleue, conte féerique;

- le 3 juillet : Cendrillon, et d’autres vues nouvelles et variées ;

- le 11 juillet : le règne de Louis XIV - Aladin ou la lampe merveilleuse;

- le 18 juillet : Vues variées et inédites, parmi lesquelles le Tour du Monde d’un Policier, d’un effet des plus impressionnants par les péripéties dramatiques qui s’y déroulent;

- le 25 juillet : Excursion dans la lune, conte féerique; etc…

Voyage dans la lune (Mélies)

 

L’année 1910 s’ouvre sur un incident amusant, une séance anthologie racontée par Chateigner dans “Le Soleil du Midi”:
" A l’occasion des fêtes du Premier de l’An, l’Américan cinéma donnera, entre autres vues, “Jeanne d’Arc” et “Samson”.. Les fêtes avaient attiré une foule nombreuse. Parmi les vues les plus appréciées, nous citerons celle de Jeanne dans son cachot, où l’évêque Cauchon lui annonce qu’elle sera brûlée comme sorcière. Impossible de décrire l’état d’exaspération d’une partie de la salle à la vue de ce tableau. Aussitôt sont partis de toutes parts les cris de “Cauchon, pouarc… Marias ! (Cauchon, porc… Gros méchant !)”. Puis des huées, des coups de sifflet, des coups de pistolets à amorce tirés par des enfants à l’adresse de l’évêque. La même manifestation a recommencé, encore plus violente, au tableau du bûcher : “Cauchon, pouarc… Pourcas… Vas véire ! (Cauchon, porc… Gros porc… Tu vas voir !)”.
Le 2 janvier: “Un autre incident s’est produit, causé par une étincelle de la cigarette d’un fumeur des galeries qui est tombée sur le chapeau en peluche de Mlle X. assise aux fauteuils. Plus de peur que de mal, grâce aux voisins de Mlle X. qui ont étouffé l’incendie”.

1910 est l’année qui voit l’arrivée sur l’écran du “Film d’Art”, (notons la première apparition du mot “film”..) c’est à dire du théâtre filmé :
La Société du Film d’Art, créée en 1908, demandait des scénarios à des écrivains connus et faisait jouer les acteurs de troupes renommées.
(ex : "l’Assassinat du Duc de Guise")

 

L'assassinat du Duc de Guise   Zigomar   Affiche Nick Carter

Le “Petit Marseillais” du 6 février 1910 :
- En matinée et soirée :" l’ “Américan Cinéma” - Vues nouvelles et variées. A chaque séance: le Père Milon, épisode de la guerre de 1870, film d’art représenté par M. Gémier, directeur du Théâtre Antoine, et sa troupe”.

- le 27 février :" séance cinématographique – “La Peur“ : mimodrame de Michel Carré, interprété par M. Desfontaine, de l’Odéon."

- le 8 mai : Atterrissage d’un ballon allemand - “Misère et Probité” : grand drame - “la Peau de Chagrin” : grand drame d’après Balzac et de nombreuses vues comiques.

- le 15 mai : “l’Enfant Prodigue” : drame biblique de Henri Lavedan, par les artistes de la Comédie française.

- le 5 juin : “Napoléon” : grand drame historique en 2 parties et 80 tableaux - “l’Eternelle Romance” : grand drame - “Le rusé” : policier - scène comique etc …

Le 20 septembre 1912, toujours à l’Eden, début des films policiers avec les "Aventures de Nat Pinkerton, le célèbre détective anglais" et des séries de "La traite des Blanches".

Le 3 octobre suivant nous trouvons mention pour la première fois, à côté de la rubrique de “ Eden”, d’une nouvelle salle de cinéma : “Les Palmiers Cinéma”qui se situait dans le grand atelier de voilerie jouxtant le jardin de la ville à l’angle des Boulevards Jean-Jaurès et République : “ La direction, pour répondre aux marques de sympathie reçues, donnera en matinée une représentation gratuite, offerte aux pupilles des Orphelinats et aux vieillards de l’hospice”.

Affiche du Palmier Cinéma

Les programmes des deux salles : Eden et Palmiers cohabitent donc sur le journal jusqu’au 23 mars 1913.. Puis, Léon Pardos, directeur des “Palmiers-Cinéma” loue l’aile sud du Marché pour y installer une autre salle.

Chronique locale du “Petit Marseillais” :
“Kursaal – Cinéma : Ce soir, séance d’inauguration de la salle de la Place du Marché - Pour cette représentation, la direction a composé un très intéressant programme, etc…”. Prix pratiqués : fauteuils : 0,50 F, parterre : 0,30 F, galerie : 0,15 F (Ce sont pratiquement les mêmes qu’en 1902.. Heureuse époque de stabilité monétaire !). Plus bas, nous trouvons toujours la rubrique : “Eden-Cinéma”, mais celle des “Palmiers” a disparu. Cette salle ne sera restée ouverte que tout juste six mois.

Le "Kursall"

C’est au Kursaal, qu’en mai 1913, nous trouvons la première projection de la version filmée des “ Misérables” de Victor Hugo.

Le Kursall continuera alors ses projections jusqu’en 1987, date de la réalisation, à sa place du Cinéma Lumière que nous connaissons aujourd’hui.

L'actuel complexe Lumière

 

La Ciotat possède ainsi, avec l’Eden-Théatre, la plus ancienne salle de cinéma du monde. Depuis 1899, cette salle n’avait jamais cessé son activité. Elle a été rachetée par la municipalité de La Ciotat en 1992 et doit retrouver bientôt, après restauration, toute sa beauté. On rendra alors à ce bâtiment toute sa force emblématique et son prestige puisqu’il fut le témoin des premiers balbutiements du cinématographe.

 

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