LE VOILIER

 

 

La voile fut le moteur essentiel des navires qui découvrirent le monde, elle conserve aujourd'hui ses adeptes, ses admirateurs et toute la puissance de son élément : le vent.

Dompter cet élément fougueux est l'apanage du Maître Voilier. C'est un personnage essentiel: chargé, à terre, de dessiner, concevoir et confectionner les voiles dans son atelier, il est nécessaire à bord pour leur entretien et leur réparation dans la mâture du navire.

Armé dans les deux cas de son aiguille et de ses alènes, il devra faire preuve de la même dextérité et confectionner un travail qui résistera à tous les grains. A partir des cotes prises sur le bateau et du cahier des charges établi, la phase essentielle de la conception d'une voile, est celle qui va lui donner sa forme: les connaissances en aérodynamique, en résistance des matériaux et l'expérience vont être déterminantes dans les choix des différents paramètres.

 

 

Faites de lin et surtout de coton, les voiles étaient montées par un assemblage de laizes (bandes de tissus de 57 cm) cousues entre elles puis ourlées. Les voiles n'avaient pas la même "force" du fait de la texture variable du tissu. Leur forme devait être adaptée à la mature et répondre à la fonction recherchée: polyvalence de la petite voile latine des barques de pèche provençales, ou spécificité de celles des grosses unités. La teinture des voiles permettait de les rigidifier et de les protéger de l'agression du soleil. En Provence, on utilisait pour ce faire un simple brunissage obtenu par ébullition dans un mélange d'eau de mer et d'écorce de pin.

 

L'atelier de voilerie aux chantiers 1880

 

Le voilier était aussi en charge de confectionner toutes les pièces servant à fixer, faire coulisser, affaler ou remiser les voiles: ralingues (cordage cousu dans l'ourlet autour de la voile), renforts, ris, goussets de lattes, coulisseaux, oeillets, sacs à voiles, etc..

 

L'Europa   Grands voiliers   Le Bélem

 

Outre le nom d'ancêtres ciotadens qui exerçaient ce métier recherché, on retrouve dans certains écrits la trace de la production locale par l'existence de deux anciennes filatures de coton à la Ciotat et la présence d'un grand atelier de voilerie qui jouxtait le jardin de la ville, à l’angle des boulevards Jean-Jaurès et République. La main d'oeuvre y est presque uniquement féminine. Il servira, lors de la première guerre mondiale d'hôpital annexe pour quelques 200 blessés revenant du front et sera ensuite remplacé par la salle de cinéma "les Palmiers".

Au début, les voiles ont subsisté aux chantiers en complément de propulsion dans la conception des navires. Elles étaient indispensables pour pallier aux défauts des premières chaudières dont la "goinfrerie" extrême en charbon obligeait à des ravitaillement incessants et à un stockage à bord au détriment du fret. Les performances des nouvelles machines, l'adoption d'une propulsion plus efficace avec l'hélice, eurent vite raison des belles voilures.

 

        Le Danube        

 

De nos jours, les voiles sont faites de toiles tissées de fils de polyester (dérivé du pétrole) ou de polyamide (pour les tissus de spinnakers et dérivé de la houille).

La découpe s'effectue sur une table traçante pilotée par ordinateur déterminant le positionnement optimal des laizes (bandes de tissus constituant la voile) avec une précision de l'ordre du 1/10éme de millimètre. Les laizes sont ensuite assemblées sur le plancher (surface de travail de la voilerie) puis on réduit la voile à son contour exact, on porte les cotes de jauge de façon très précise, on positionne les ris, les lattes, les bandes de creux. On pose enfin les renforts, les goussets de lattes, les coulisseaux éventuels et les oeillets.

 

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