DE LA QUILLE A LA MATURE   

 

Le squelette de sa coque est en train d’être montée, que déjà s’affairent ceux qui ont en charge d’autres parties vitales du navire : son cœur et son estomac : la machinerie et la chaudière, sa colonne vertébrale: l’arbre de transmission, ses artères: l’enchevêtrement des tuyaux, ses nerfs : les câbles électriques, sans oublier les poumons: la ventilation.

Le tournage

 

La Fonderie existera dès le début de la création des Messageries, elle permettra au départ de couler diverses pièces essentielles: ancre, hélice.. Mais on se contentera très vite d’y faire des pièces plus modestes : vannes, coussinets.., laissant les grosses productions, hautement techniques, à la sidérurgie spécialisée. On les fera donc venir par train du Creusot et des bassins de Lorraine. Du coup, les Fondeurs et les Forgerons vont se faire rares sur le chantier. Puis, un jour, vers 1957, la fonderie disparaîtra..

La Mécanique restera par contre toujours incontournable, que ce soit dans l’atelier ou à bord, une véritable armée de « Métallos »: Tourneurs, Aléseurs, Fraiseurs, Serruriers.., vont façonner les arbres porte hélice ou les mats de charge, aléser les hélices, les sorties des arbres de transmission, fraiser les brides des tuyaux, équiper les turbines, monter les groupes électrogènes, etc.

 

Tuyauteurs   Chaudronniers

 

De leur côté, les Chaudronniers et Tuyauteurs (cuivre ou fer) vont s’occuper d’installer l’incroyable labyrinthe de la tuyauterie des chaudières, des canalisations des fluides et des systèmes de ventilation, du refroidissement, des conduites d’eau douce, d’échappement, de la climatisation.. Ils assurent aussi le montage, l’adaptation et le tuyautage des moteurs que l’on fait venir de l’extérieur pour les plus gros.

 

Atelier électricité

 

Les Electriciens arpentent les entrailles du navire dès le quillage pour tirer les lignes et passer les câblages. L’apport de l’énergie électrique est essentiel tout au long de la construction et la production autonome de l’électricité sera vitale tout au long de la carrière du navire. D’où l’importance des groupes électrogènes, condensateurs, postes de commandes, systèmes de transmission et de contrôle.

 

L'épontillage



Dans la technique de construction sur cale, tel un énorme bébé, le navire a commencé sa vie dans un berceau : dès le quillage, déjà posé sur des glissières de bois qui permettront plus tard son lancement, « l’accorage » lui assure sa stabilité par d’énormes pièces de bois (plus tard de béton): les "tains", répartis tout le long de la quille naissante . Tout au long de son élévation, les Epontilleurs vont le caler grâce à des madriers de bois (plus tard ce seront des poutrelles métalliques) symétriquement réparties le long de la coque.

 

Oups!..  Un lancement  ... pieds mouillés

 

Au moment délicat du lancement, après avoir glissé sous la coque une contre glissière de bois, on dégage les épontilles, on "éjecte" à grands coups de masse les "accores" puis les coins stabilisateurs et le navire glissera sur ses glissières en bois graissés de suif, on le ralentit par un lestage de vieilles chaînes. Sa masse énorme provoquera cependant un mini raz-de-marée dans le port et beaucoup reviendront du spectacle avec les pieds mouillés! Les incidents et accidents sont nombreux et il est même arrivé de voir des bateaux bloqués sur les glissières à mi-course! De nos jours, le lancement a perdu de son spectaculaire. Construit "à sec" dans les formes gigantesques, le navire terminé est mis à flot par simple remplissage en ouvrant les vannes.

 

Les fails de la cale de lancement

 

Sitôt à flot, le navire voit encore arriver une noria d’ouvriers qui vont s’occuper des superstructures, de l’accastillage et de la finition. Le gréement, quand les navires arboraient autrefois encore des voiles, mobilisait les Poulieurs, les Cordiers et les Voiliers. Plus tard, seuls intervinrent les ouvriers chargés du montage des compartiments, de l’isolation, les Peintres, les Tapissiers, les Décorateurs, les Menuisiers et les Ebénistes..

 

Acastillage, superstructures..

 

Jusqu’à la seconde guerre mondiale pratiquement tout l’équipement du bateau était produit par les chantiers, par la suite, on sous-traita avec des fabricants spécialisés les équipements de l’accastillage et des cabines. Des milliers d’articles étaient ainsi commandés, gérés et manutentionnés par un immense Magasin d’approvisionnement dit « Magasin Général » situé au sein des chantiers prés de la Direction.

 

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