LE CHARPENTIER DE MARINE

Le charpentier de marine (ou charpentier de navire) va, à partir des plans conçus par l'architecte ou l'ingénieur naval et des gabarits dessinés par le traceur, mettre en oeuvre les bois nécessaires pour modeler chaque pièce constituante du bateau. Mais, pour la construction traditionnelle de pêche sur tout le littoral méditerrannéen, on ne se servait pas d'un plan, mais d'un mystérieux "gabarit universel" en bois, transmis de père en fils, connu sous le nom de "gabarit de Saint-Joseph" et qui servait à tracer les membrures, combiné à la "stagniole": réglette de bois de 15 x 6 cm où sont tracés des chiffres et des traits de repère..


 Outils du Charpentier
LES OUTILS DU CHARPENTIER
1: hache, 2: herminette, 3: scie montée, 4: équerre, 5: marteau,
6: fil à plomb, 8: ciseaux à bois, 9: varlope, 10-11: rabots,
12: maillet, 13: égoïne ou couteau serré, 14: clous

L'outil de base du charpentier est la hache à l'emmanchement particulier. On appellera d'ailleurs longtemps les constructeurs de navires:"Maître d'Haiche" (la hache en vieux français), "Mestre d'aïsso" en Provençal. Ils forment de puissantes corporations. A la Ciotat, on parle d'un premier Maître d'Haiche, nommé Estève, dès 1501!

L'herminette, plus précise et maniée avec virtuosité, permet, sans avoir recours à la varlope ou au rabot, de palmer un mât, de rectifier une membrure ou de dresser un bordé.

La scie montée, avant l'introduction de la scie à ruban, était employée pour débiter les billots "bruts" et chantourner certaines pièces, c'était d'ailleurs la spécialité des "Scieurs de Long"..

 

Le scieur de long  Charpentage mécanique  Scie à ruban

La pièce à façonner était posée au sol sur un plateau de bois de manière à ne pas altérer l'affûtage de la hache. On clouait parfois une traverse sur le plateau inférieur pour maintenir la pièce travaillée entre cette traverse et le pied du charpentier. Ce dernier commençait à dégrossir le bois en faisant des entailles en biseau, d'où une grosse quantité de bois perdu.. Pas pour tout le monde.., puisque le charpentier récupérait ces tombées, appelées: "cales de marmites", pour les vendre. On tentait cependant d'économiser au plus ce matériaux précieux qu'était le bois. Il était d'ailleurs entreposé dans un "parc à bois", où seul le patron pouvait accéder, pour choisir, grâce au gabarit, la pièce brute ressemblant le plus, ou la plus adaptée, à la pièce à réaliser.

                          Armoiries des Maitres d'Hâche                     

Pour assembler les pièces, en dehors de toute la "quincaillerie" métallique moderne (clous, vis, boulons et écrous, tire-fonds, etc.), on ne disposait souvent, alors, que de chevilles de bois appelées "gournables". Faites de bois de chêne ou mieux d'acacia, usinées avec un "couteau à 2 manches" sur un établi particulier, ces chevilles, d'une longueur de 60 à 70 cm, avaient une section octogonale croissante et servaient, en particulier, à cheviller ensemble le bordé et le vaigrage d'un navire. Une fois enfoncée dans le trou préparé, on arase la cheville côté bordé et côté vaigrage et on la bloque par un coin de chaque côté.

Tarière et mèches

 

Pour forer les trous de montage le Perceur employait une tarière ce qui, suivant la dureté du bois, demandait plusieurs perceurs. Les machines à percer électriques sont venues depuis les remplacer et grandement facliliter la tâche.

 

Charpente de navire


Retour                                      Haut