TROISIEME VOLET

DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE A NOS JOURS

 

La seconde guerre mondiale éclate.. La construction navale est à nouveau stoppée entre 1940 et 1944.

     Pavillon des CNC     

Le 1er Janvier 1940, une nouvelle société : la C.N.C. (Chantiers Navals de La Ciotat) succède à la S.P.C.N. Les troupes allemandes occupent la Provence et le chantier en novembre 1942. Du fait de la guerre, les chantiers végètent au rythme de quelques minimes réparations de chalands, remorqueurs, etc. Les troupes d'occupation entreprennent des travaux de fortification et installent des batteries côtières (un canon est même transporté sur l'île verte).

 

.Le Malin en réparation

 

Des bombardements américains, le 12/08/44, préparent le débarquement allié en Provence du 15 Août 1944. Les chantiers ferment du 16 au 22. Les troupes allemandes sabotent les installations du port avant de partir le 20 Août 44: les 2 phares et le ponton sont endommagés, 2 navires sont coulés (dont le Sidi-Aïsa).

Les destructions allemandes

 

Le président de la C.N.C, Jean-Marie Terrin, s’attachera à réparer les installations qui ont été endommagées durant l’occupation et à la veille de la Libération. Le port doit être déminé. De 44 a 48, le chantier ne pourra assurer que quelques réparations. La production ne reprendra qu’en 1948, avec le "Saint Clair", premier navire neuf à sortir des chantiers après la guerre. Les lancements vont alors se succéder à un rythme sans cesse croissant et avec des unités de plus en plus grosses.

 

Le Saint Clair

 

La cale n°1 est entièrement reconstruite en 1957, longue de 223 m et large de 39,50 m, surmontée de 5 grues de 4 à 120 tonnes, elle permet la construction de bâtiments de 80.000 tonnes.
La cale n°2, reconstruite en 1952, fait 172m de long sur 31m de large, elle permet la construction d’unités de 32.000 tonnes et comprend 3 grues de 3 à 7 tonnes, une grue de 90 tonnes et celle de 120 tonnes de la cale n°1.
Le bassin de radoub construit en 1868 est utilisé pour l’armement de navires de faible tonnage, comme une barge pétrolière pour les Antilles, des crevettiers pour Cuba ou le Comté de Nice, commencé à Port de Bouc et terminé à La Ciotat.

 

 

En 1967, pour répondre aux demandes des Armateurs Pétroliers en navires de tonnage de plus en plus important et construire la "Grande Forme", on créé la Société de la Grande Forme, émanation des C.N.C. La Grande Forme permet la construction d’un navire de 300.000 tonnes ou de 4 cargos d’une même série de 12.000 tonnes chacun. Caractéristiques : longueur 360m, largeur 60m, 1 portique de 500 tonnes (2 x 250 tonnes) d’une portée de 77,50m et une grue de 250 tonnes. 352.000 m2 de surface couverte, 73 ponts roulants de 2 à 150 tonnes assurent la manutention lourde, les engins de levage comptent 20 grues de 4 à 150 tonnes ainsi qu’un portique de 500 tonnes.

 

Cale        Grues

 

Ces installations sont à la mesure de la production toujours croissante: 5 navires en 1960, 8 navires en 1968. Le tonnage de coque métallique passe de 12000 tonnes en 1955, à 40000 tonnes en 1968 et à 100.000 tonnes en 1969. La progression est encore plus sensible avec le port en lourd des pétroliers: en 1953 celui du Djemila est 12.000 tonnes, le Beaugency, en 1972, affiche 240.000 tonnes, plus tard, les derniers super-pétroliers jaugeront 320.000 tonnes, (27 fois plus que le Djemila!!).

 

L'Olympic Splendour Al Rawdatain

 

L’effectif des CNC avoisine les 5000 ouvriers et employés au début de l’année 1973. On décide un agrandissement des chantiers sur la mer qui s’opérera de 75 à 77. La cité ouvrière est démolie en 1975-1976 pour des besoins d'extension des terrains.

La fermeture du canal de Suez de 67 à 75, du fait des guerres israélo-palestiniennes, entraîne la hausse des coûts d’acheminement du pétrole, d’où une orientation encore plus nécessaire vers la construction de super pétroliers, plus rentables par la baisse des coûts de transports..: on passera de l’Olympic Splendour : 203 m de long, port en lourd: 31500 tonnes, au dernier : le Al Rawdatain: 356 m de long, 328000 tonnes de port en lourd.

 

       Lancements et conséquences..     

 

Mais la concurrence asiatique des chantiers navals du Japon puis de la Corée entraînera les premiers licenciements en 1978.

Pour contrer cela, la production est encore réorientée vers les méthaniers et autres transporteurs de gaz, (techniquement plus complexes et donc plus chers à la vente) ou encore vers la réparation des grosses unités.

 

Méthanier "Monge"

 

Mais, dernier coup du sort, survient alors le "Plan d’Avignon" : une directive européenne imposant de limiter à un seul par pays, les chantiers ouvrant sur la mer.. Pour la France, Saint-Nazaire est choisi disposant d’une forme plus grande que celle de La Ciotat..

Un plan de restructuration est tenté avec la NORMED (chantiers du nord et méditerranée) qui regroupe France-dunkerque, la CNIM de La Seyne et les CNC. Malgré-ce, on n'évitera pas la fermeture des chantiers en 1987..

Au total, de 1948 à 1987, 207 navires seront sortis des cales de la C.N.C.

La ville, ainsi privée de son activité primordiale, sinistrée par le chômage, voit décroître sa population en cette fin du XXeme siècle.

Depuis, ce début de second millénaire voit l’implantation de nouvelles entreprises dans divers secteurs innovants (maritimes ou autres), ce qui donne l'espoir d'une relance de l’activité industrielle à cette vieille et courageuse cité.

 

De nos jours...

 

Mais puissent ces quelques lignes, rendre hommage et faire sortir un peu de l’oubli ces Hommes, humbles ou célèbres, à l’origine de l’extraordinaire aventure industrielle que furent les Chantiers de La Ciotat. Il était juste, au travers de cette "petite histoire", à peine dévoilée, de témoigner de leurs destinées, de leurs espoirs et de leurs luttes.

 

Souvenir et Respect..

Retour Haut