LES SYNDICATS

 

Grève de 1911

 

Sous le second empire, la Compagnie, subventionnée par l’état se porte bien et peut se permettre de faire du « social », de fait, l’ouvrier bénéficie, pour l’époque, à La Ciotat, d’un statut « relativement » enviable. Le 12 mars 1892, on parle pour la première fois d’une réunion donnée au théâtre municipal par les citoyens Paul Lafarge, député de Lille, disciple et gendre de Karl Marx, et Bernard Cadenot, député de Marseille et une douzaine de Ciotadens qui fondent un groupe d’études socialistes. Ce groupe sera l’embryon dans l’agglomération ciotadenne, du Parti Ouvrier de Jules Guesde, qui verra le jour officiellement le 1er mai suivant, tandis que la liste du nouveau parti triomphait aux élections municipales de la Ciotat.

Alors qu’ailleurs en France, sous la pression populaire était votée, depuis le 21 mars 1884, une loi autorisant les syndicats professionnels, et que la CGT apparaît en 1895, les Messageries soutenues par l’Etat, ne connaîtront pas encore l’agitation populaire des autres chantiers et secteurs ouvriers. Seule, en 1893, une première tentative de création de syndicat aux chantiers échouera à La Ciotat.. Les mentalités n’étaient pas encore prêtes..

 

Drapeau du premier syndicat des chantiers

 

Mais le marasme s’installe progressivement, du à la pénurie de fer, à la hausse du prix du charbon, et à bien d’autres facteurs, il va déboucher sur une situation de crise pour les chantiers qui ne vivent qu’au rythme des commandes et de la production. Le chômage s’est installé, la Compagnie des Messageries Maritimes ne donnent plus de travail à un établissement en fin de contrat, pour essayer d’obtenir de l’état une nouvelle convention plus avantageuse pour elle.

Epargnées jusque là, les premiers licenciements vont intervenir et le nombre d’ouvriers diminuera de 50% entre1900 et1908. A la fin du contrat passé avec l’Etat qui met fin aux subventions, tout va s’aggraver et, en août 1908, le personnel des chantiers crée le Syndicat Ouvrier des Constructions Navales, dirigé par Emmanuel Barthélémy (Conseiller Municipal et Général de La Ciotat).

En 1910, appliquant les recommandations de l’internationale socialiste, ce dernier crée à la Ciotat une section adhérente à la S.F.I.O., provoquant ainsi la scission, au sein de l’agglomération, du Parti Ouvrier dont certain ne veulent pas abandonner l’esprit autonome et local.

La première grève générale aux Messageries, depuis leur création, 60 ans plus tôt, éclate entre le 14 et le 23 juin 1911. Un comité des « soupes communistes » est formé par solidarité entre ouvriers et permet aux plus démunis d’avoir une ration alimentaire minimale.

 

Les "soupes" communistes


La situation s’améliora temporairement en 1912 après l’acceptation des revendications, mais la guerre de 14-18 revient tout compromettre..

Par la suite, les grands mouvements populaires de 1936, mettent fin à tous les petits syndicats « régionaux » de tendance politique disparate et vont voir apparaître, avec les conventions collectives, la généralisation des grands syndicats ouvriers que nous connaissons aujourd’hui.

L’amélioration de la condition ouvrière fut leur principal souci mais ils permirent aussi la création d’activités annexes comme le SCOCN (club de football), Amitié Nature FSGT (randonnées pédestres)…

Ils seront les témoins de toutes les luttes sociales que vont connaître les chantiers jusqu’à leur disparition.

 

Ouvriers devant le pont de fer

 

Retour          Haut