LA CITE OUVRIERE

 

La reprise des chantiers par les Messageries Nationales en 1851 va relancer l'activité de construction des navires à La Ciotat.

De fait, l'embauche est massive à l'Escaret et déborde vite le plan local. De nombreux ouvriers viennent des chantiers ferroviaires, des chantiers navals et des arsenaux voisins pour être embauchés. Une population croissante d'immigrés les complètent rapidement, venant de toute l'Europe: Italiens, Sardes, Siciliens, Espagnols et même: Suisses, Belges et de rares Autrichiens.

Souvent venus seuls et célibataires, les familles se complètent ensuite: on fait venir père, frères, cousins et amis. Cette population autrefois mouvante, car dépendante d'un travail rare et précaire, va commencer à vouloir se fixer à la Ciotat, profitant de la formidable réussite industrielle des chantiers. L'hébergement de tout ce petit monde va vite poser problème, débordant vite les capacités locales: hôtels , pensions, auberges (pourtant très nombreux à cette époque), chambres chez l'habitant, sont vite débordées.

Victor Delacour

La Compagnie des Messageries le comprend vite et c’est l’ingénieur DELACOUR qui, prenant en main la direction de la construction de1853 à 1856, sera à l'origine de la construction de la Cité Ouvrière.

Etablie sur les terrains hachetés par les Messageries, elle viendra se bâtir, de 1854 à 1858, à proximité des ateliers et comportera 24 maisons de 8 logements. La cité Notre-Dame-desvictoires s’étend sur près de 21.000 m2 et doit pouvoir accueillir près de 800 personnes. Elle est conçue d’après les principes de l’habitat mulhousien : 24 maisons à étage placées au centre d’un jardin, divisées en huit appartements et construites autour d’une vaste allée centrale plantée d’arbres. Les logements des maisons de 1ère catégorie comprennent quatre pièces, deux chambres, une cuisine et un débarras, plus, un jardin de 10 m2, soit une surface totale de 55,70 m2 ; ceux des maisons de 2ème catégorie ont une organisation analogue mais n’ont qu’une surface de 37,70 m2 et ne disposent d’aucun jardin. Le montant des loyers varie entre 6 et 8,30 francs par mois suivant le logement.

 

Une fête à la Cité

 

A l’origine, la Compagnie des Messageries Impériales avait aussi prévu d’acheter un second terrain pour permettre aux employés et aux contremaîtres d’y construire leur propre maison mais le projet restera sans suite : la cité Notre-Dame-des-Victoires demeurera une cité ouvrière. Le décès prématuré de Delacour amènera les ciotadens à ériger par souscription générale un monument à sa mémoire au milieu de la cité.

La cité ouvrière fut démolie en 1975-1976 pour les besoins d'extention de l'ex-C.N.C. Destruction rendue inutile par l'arrêt de l'activité des chantiers..

 

La cité en 1930-1940

 

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