LE PONT NATUREL

 

 

Non loin de cette curiosité géologique naturelle que forme le pont naturel (Baou Trouca), s’étaient manifestés dans les anfractuosités naturelles d’Ellianac et de Terrevaine, creusées non loin de là à flanc de colline, ceux que l’on peut considérer comme les ancêtres directs des Ciotadens…

Cela se passait au « Chalcolithique » (mot dérivant des racines grecques de « Chalcos »: cuivre et « Lithos »: pierre) à la seconde moitié du IIIème millénaire avant J.C. Cette période du Néolithique finissant, fut en effet caractérisée par l’apparition des premiers objets métalliques (poignards, haches, alènes..).

Les hommes de cette époque avaient, par ailleurs, acquis la parfaite maîtrise de la taille du silex et se paraient de bijoux qui, bien que rudimentaires, n’en étaient pas moins de formes multiples (colliers, bracelets, pendeloques,…) et confectionnés dans des matières très diverses (os, coquillages, perles de métal, pierres, etc.).

D’autre part, l’habitat commence à émerger des grottes pour s’établir en « plein air », dans des cases faites de pierres sèches ou de torchis. L’activité majoritaire est agro-pastorale, complétée par les produits de la chasse et de la pêche.

Mais l’ambiance générale est plutôt belliqueuse, troublée par d’incessants conflits entre les diverses tribus, pour assurer leur suprématie sur les nouvelles terres à cultiver, comme en témoignent l’abondance des armes retrouvées (flèches, lances, poignards) et le nombre d’ossements comportant des blessures à l’évidence « intentionnelles »…

 

 

Autant cela prouve un piètre respect du vivant, autant les morts font déjà, à cette époque, l’objet d’une dévotion particulière, comme l’a démontré la nécropole de Terrevaine (dont on peut voir une reconstitution au Musée Ciotaden), aussi bien par son organisation, que par les objets qui y ont été retrouvés…

Ainsi, le soin apporté dans l’organisation des divers rites funéraires (crémation minutieuse, inhumation « collective », orientation et « arrangement » des tombes...), la richesse, en tout cas la valeur certaine pour l’époque, des objets accompagnant les défunts (armes, bijoux, coquillages, ustensiles de la vie quotidienne…), démontrent l’existence d’un véritable culte des morts, alliant vénération et respect, mais également une certaine crainte envers les défunts…

De fait, on peut supposer que cette accumulation d’objets de dévotion et de présents devait, pour nos aïeux, avoir le pouvoir de détourner de leurs personnes toute velléité de vengeance ou quelconque courroux de la part des trépassés…

Ce genre de croyance, tournant autour des notions de « mauvais esprit » et de « revenant », démontre l’émergence d’une conscience métaphysique rudimentaire chez nos ancêtres. Nous ne sommes donc pas loin des superstitions qui vont venir, durant des siècles et jusqu’à nos jours, « hanter » nos esprits superstitieux et craintifs…!


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