LA CHAPELLE SAINTE ANNE

Chapelle Ste Anne 1910

 

La chapelle que l’on trouve place Esquiros, prés de l’ancienne Porte de Cassis, fut érigée par les 24 membres de la Confrérie des Pénitents Noirs, les derniers à fonder leur Confrérie le 15 août 1630, sous le titre de notre-Dame de Miséricorde. En novembre de la même année, ils achètent un terrain à l'intérieur de la nouvelle ceinture des remparts, dans le quartier « neuf » du Grand Puits (rue Maréchal Joffre), où ils édifient leur chapelle grâce aux dons perçus à l'occasion du décès d'un des leurs et aux aumônes pour les obsèques des particuliers. Ils la firent élever en pierres de Couronne, avec une façade et un fronton dans le style de la Contre-Réforme.

Ils la placèrent d'abord sous le vocable de Notre-Dame des Miséricorde (puis/ou de Pitié ou des Neiges selon les sources…). Mais cette chapelle était trop grandiose pour la petite communauté et, bientôt, elle dut s'endetter pour la continuer. Elle ne reçoit qu’en 1646 les premières inhumations de pénitents et ne sera définitivement achevée qu’en 1659. On y fait venir, en 1669, de précieuses reliques. 640 morts auraient été inhumés dans la chapelle Sainte-Anne mais un pointage rigoureux des décès, permit de retrouver la trace réelle de 142 personnes qui dorment de leur dernier sommeil sous le pavé de cette chapelle.

 

Chapelle Ste Anne (façade)

 

La sacristie attenante, adossée au coté nord de l'église est enclavée dans un terrain que l'on continuera à dénommer Jardin des Noirs, du fait de la présence des Pénitents, mais il appartenait en réalité, depuis 1693, aux religieux Minimes.

Fortement endettés par les frais considérables de cette construction, les Pénitents durent se résoudre à la vendre, le 7 décembre 1693, pour le prix de 8 000 livres aux Pères Servites, religieux venus d’Aix en 1621, qui avaient, avant de l'acheter, leur établissement à l'ermitage de Fons Sainte (voir ICI). Les Servites, alors fort prospères, agrandirent la chapelle, la consacrèrent à Notre-Dame des Sept Douleurs, patronne de leur ordre, et donnèrent leur nom à la place (devenue aujourd'hui la place Esquiros).

Les pénitents noirs conservèrent un temps la sacristie pour pouvoir se réunir, et après avoir vendu cette première chapelle, achetèrent, en 1697, un terrain, cinquante mètres plus loin pour édifier leur seconde chapelle, bien plus modeste, de Notre Dame de Miséricorde (actuelle Chapelle Saint-Joseph).

L'installation intra muros des Servites coïncida (si elle n’en fut pas la cause) avec le début de leur décadence. Ils s'endettèrent à leur tour et revendirent l’église. Quand ils quittèrent La Ciotat, leurs voisins, les Minimes, qui avaient une première fois vainement fait l'impossible pour s'opposer à leur venue, demeurèrent enfin seuls maîtres de ce quartier où ils étaient antérieurement établi, depuis la première moitié du XVII° siècle.

Sous la Révolution, la chapelle, devenue bien national aux termes de la loi du 2 novembre 1789, fut transformée en hôpital puis, fut mise en adjudication. Elle passa entre les mains de divers propriétaires avant d’être rachetée et de nouveau affecté au culte par le curé Brunet qui y installa, en 1813, la Congrégation de Sainte-Anne (laquelle laissa son nom actuel à la chapelle). On procèda à la réparation de la façade en 1898 et l’édifice, fortement dégradé depuis fait actuellement l'objet de travaux de restauration.

La chapelle Ste Anne et l'ancienne porte de Cassis          Sainte Anne aujourd'hui

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