LA CHAPELLE des MINIMES

 

Située sur l’actuelle Place Guibert, cette chapelle, également nommée Notre Dame du Bon Secours, fut un lieu important de la vie sociale et religieuse ciotadenne pendant plus de trois siècles. Elle a été érigée en 1633. C'est Antoine Martin qui fonda, par testament, le couvent des Minimes : aux termes de ce document datant du 7 novembre 1633, Antoine Martin, fils du feu Simon, bourgeois de La Ciotat, « mû par un sentiment de reconnaissance envers Dieu qui l’avait fait prospérer, et par sa dévotion à Saint François de Paule fondateur de l'Ordre des Minimes dans lequel son fils Pierre Martin était entré », établit à La Ciotat un monastère de ces religieux, avec la permission des Chefs de 1’Oratoire, du Seigneur (l’Abbé de Saint-Victor) et des Consuls de La Ciotat. Il donna 120.000 livres pour cet établissement et fut reconnu « Père perpétuel, Erecteur et Fondateur du dit couvent ». Sa sépulture fut marquée, à coté de celle des religieux, dans la chapelle primitive, qui n'est aujourd'hui qu'une des chapelles latérales. Un temps concurrencés par les Servites, le départ de ces derniers laissa les Minimes seuls maîtres du quartier où ils construisirent progressivement leurs établissements.

En 1745, Mgr le Comte de Saint-Florentin fit adjoindre à l'établissement des Minimes un collège qui eut son ère de succès et fut reconnu par lettres patentes du 16 février 1758. Situé dans la rue des Capucines, il prit le nom de Collège Belsunce. Un tiers-ordre de religieuses, soumises, comme les Minimes, à la règle de Saint-François de Paul, se créa à son tour et se réunit dans une chapelle contiguë à celle des Pères.

Quand la tourmente révolutionnaire dispersa les communautés, tout cet ensemble de constructions devint propriété nationale et se désagrégea. Après avoir été utilisée, à partir de 1791, le jour, par le "Club des Antipolitiques de La Ciotat" et, la nuit, servi pour les offices des prêtres réfractaires (!!) puis avoir abrité des bataillons de révolutionnaires, la chapelle des Minimes, « mesurant seize cannes de long sur trois cannes de large» (32 x 6 m. environ), le couvent et le cloître, qui couvraient une superficie de « cent soixante dix-sept cannes carrées, cinq pans carrés et un pan menu », les jardins et toutes les autres dépendances furent mises en adjudication. Plusieurs acquéreurs se les partagèrent, entre lesquels surgirent nombre de contestations.

 

 

Au XIX° siècle, les Curés de La Ciotat d'une part, et l'Evêché de Marseille, de l'autre, tentèrent de rendre au culte ces édifices. C'est ainsi, qu'en 1826, M. Clair André Besson, le fils du premier maire de La Ciotat légua à la paroisse l'ancienne chapelle des Minimes qui fut placée sous le titre du Sacré-Cœur et M. le Curé Saurin y installa la Congrégation des Filles Chrétiennes qui existaient à La Ciotat depuis 1706. Les autres bâtiments abritèrent un instant une confrérie de Pénitents reconstituée après la Révolution, puis les Frères des Ecoles Chrétiennes... L'ensemble, souvent modifié, présente encore actuellement l’aspect « restauration des cultes » de cette époque.

Depuis la dernière guerre, la Chapelle était laissée dans un état de total abandon. En 1948, la chapelle fut rendue à la municipalité qui entreprit quelques travaux de "sauvegarde": l'absence d'entretien de la toiture en aurait provoqué l'effondrement si des mesures rapides n'avaient pas été prises. On y trouvait encore récemment des éléments de son mobilier d'origine: trois grandes toiles à caractère religieux, une pierre d’autel et des lambris de chœur datant de la fin du XVème siècle. Restaurée, la Chapelle des Minimes de Note Dame de Bon Secours sert maintenant de salle de réunion.

 

Entrée de la chapelle

Retour          Haut