UN PROCÉS DE SORCIERS

« Les pratiques de magie restaient très en faveur sur le littoral (Bandol, La Ciotat) »
(Traditions et légendes populaires en Provence.)

 

C'était en 1614, un an auparavant, une femme seule vint habiter une modeste maison prés du collège des Révérends Pères de l’Oratoire. Il se passait là, dit-on, des choses effrayantes...

La « masque », « masco » en provençal, était soupçonnée d’avoir jeté un sort à un enfant, le faisant tout d’abord disparaître en le faisant bouillir avec un mou de veau lardé d’aiguilles, elle l’aurait ensuite guéri de tous ses maux en l’aspergeant d’une poudre mystérieuse agrémentée d’une conjuration terrible !!

De plus, sa maison était connue pour être hantée par les matagots les plus perfides.. Les voisins avaient tenté plusieurs fois de désenvoûter leurs maisons pour s’en défendre et l’un d’eux se vit immobilisé et roué de coups sans pouvoir réagir !

D’autres rapportaient des déplacements inexpliqués d’objets et des craquements sinistres…

Excédés, les habitants de Cassis et de La Ciotat demandèrent en 1614 de faire cesser, par tous moyens, ces divers maléfices et d’instruire un procès commun aux deux bourgades.

On y rapporta le « sabbat » de Figueroles (voir l’article) mais surtout, des ensorcellements, des profanations, même des viols..

La plupart du temps, la question fut ordonnée; il s'agissait de la « question préparatoire », destinée à obtenir l'aveu de l'accusé: celui-ci prêtait serment et était interrogé trois fois: avant, pendant et après la torture. Seul un aveu persistant et réitéré après la torture valait preuve certaine !

Chaque pièce avait été lue, chaque preuve, examinée, car les accusés n'étaient pas jugés suivant l'intime conviction, mais suivant un système de preuves « légales ».

 

La "Question"La "Question"La "Question"

 

Le jugement de condamnation fut alors prononcé à huis clos, puis, lu à l'accusé. Un procès-verbal en avait été dressé. De plus, s’il était reconnu coupable, le condamné avait subi la question «préalable», destinée à avoir «de sa bouche nom et révélation de ses complices».

C’est ainsi, qu’après une longue instruction, parmi toutes les personnes confondues, on prononça des peines de bannissement, de bastonnade, d’amende honorable la corde au cou.. Mais trois d’entre eux furent condamnée à être brûlés vifs.. Il s’agissait de deux sorciers de Cassis, dont l’un officiait aux sabbats de Figueroles, et de la sorcière de La Ciotat qui fut convaincue d’empoisonnement.

 

Le bûcher (XVIIème)       Le bûcher (XVIIème)

 

La sentence fut exécutée en place publique à Cassis pour « servir d’exemple ». Les Consuls et les habitants de La Ciotat y furent, bien entendu, conviés.

Le spectacle fut, dit-on, si terrible que ce fut le dernier supplice de ce type et pour cette cause que l’on connut dans la région..

(Adaptation d’après : Récits de veillées ciotadennes A. Ricard)

      


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