LES PÉNITENTS

Le "Bourras" de Pénitent Blanc

Lors de la visite du 1er étage du Musée Ciotaden, en pénétrant dans une salle, il est courant d'entendre: «Oh ! Un fantôme !» et de voir, chez certains, un léger mouvement de recul à la vue, dans un coin un peu obscur, de l’inquiétant costume que porte un mannequin... Rassurez-vous, le Musée n’est hanté que par l’histoire et ce que l’on trouve ici est la simple reconstitution de l’habit d’un Pénitent Blanc : un « bourras » fait de toile bise grossière.

Mais quelle fut l’histoire de ces mystérieuses confréries ?

L’ORIGINE DES CONFRÉRIES

Dans la « Statistique de Villeneuve », on en trouve une excellente définition:

« Les membres des confréries de pénitents se donnent des secours mutuels, principalement en cas de maladie, et il entre dans leur institution de se livrer à toutes les bonnes oeuvres qui tendent au soulagement de l'humanité souffrante et affligée. Indépendamment de ce but général, chaque confrérie s'en propose un de particulier, comme d'ensevelir les pauvres, morts aux hospices, ou d'assister les condamnés dans leurs derniers moments, etc., et ces bonnes oeuvres sont d'autant plus méritoires que leurs auteurs en sont moins connus… Il n'est donc pas rare de voir les personnages les plus distingués voiler, sous l'habit de pénitent, leur dévouement dans les actes de charité les plus rebutants… C'est aussi un usage établi dans presque toutes les confréries que de tenir une caisse d'aumônes. »

A une époque où toute activité intellectuelle était suspecte au pouvoir établi, qu’il soit royal, seigneurial ou ecclésiastique, les gens ne pouvaient se réunir que sous le couvert d'une activité religieuse, obligatoirement autorisée par l'Evêque. D’où la création des confréries. C’était donc, au départ, des associations de laïcs, catholiques, qui se réunissaient pour diverses raisons : prier pour la rémission des péchés particuliers ou généraux, l’entraide, les actes de charité, etc...

Crucifix des "Blancs"

A La Ciotat, on pense que la première confrérie, celle du Saint-Esprit, fut établie dès la naissance du bourg, vers 1400. Faisant face au clocher paroissial, de l'autre côté du port existait une éminence : « le Mont ou le Coteau de Saint-Esprit » où elle s'établit. C’était une association pieuse de «pauvres pêcheurs » (qui obtint en 1429, la séparation du territoire d’avec Ceyreste), tout à la fois de bienfaisance et de secours mutuels, elle employait ses ressources à venir en aide aux veuves des membres défunts, à prendre en charge les orphelins, à soulager les malades (avant la fondation de l'Hôpital) et à héberger 1es vagabonds. (Les Confrères du Saint-Esprit, apparus à Montpellier au XII° siècle, ont joué un rôle important dans la plupart des villes de Provence). Cette association continua de gérer le patrimoine commun jusqu'en 1520 environ, puis seront remplacés par la confrérie de Sainte-Barbe...

Les premières municipalités « laïques » apparurent alors et s'assemblèrent un temps dans le local du Saint-Esprit, puis les « Syndics » et ensuite les « Consuls » se cherchèrent un local indépendant et achetèrent une « Maison de Ville ». Les ciotadens qui ne faisaient pas partie de ce conseil du « Cap d'hostal » (Mairie de l’époque) et qui voulaient cependant avoir une activité commune séparée, se groupèrent donc dans des associations aux allures religieuses.

Sacré-coeur des "Blancs"

Les grandes confréries apparaissent ensuite toutes, à peu près, à la même époque : la fin des guerres de religion… Leur origine coïncide avec le déclin de la Ligue et la prospérité de la ville, avec l’émergence de fléaux comme les épidémies de peste, mais surtout, elles permettent l’expression, par une légalisation apparente au travers des autorisations épiscopales, des divergences d’idées qui couvaient et risquaient à tous moments de faire sécession voire rébellion envers les divers pouvoirs en place …

De plus, suivant l’adage « qui se ressemble, s’assemble », ce véritable "corporatisme associatif sous couvert religieux" séduisit des classes sociales et/ou des corps de métier dont les intérêts (surtout matériels…) étaient communs, mais dont les combats furent bien souvent fort éloignés de leur vocation primitive…

On vit ainsi éclore trois groupes de pénitents : les BLANCS, les BLEUS et les NOIRS, qui, adeptes de la même religion et montrant les mêmes bonnes intentions, arrivèrent à rivaliser et même parfois à se battre au cours d'une procession (un peu comme les « rivalités » syndicales, politiques ou sportives que nous connaissons aujourd’hui…).

Les confrères pénitents se réunissaient dans « leur » chapelle (qu'ils voulaient la plus belle de toutes), priaient et assistaient à « leurs » offices (les plus somptueux de tous), faisaient ensuite la plus belle des processions, réunissant toujours le plus de pénitents, avec le plus de reposoirs, le plus de chemin parcouru, le plus de bannières… : chaque confrérie cherchant à en faire plus que sa rivale. On peut donc finalement penser que la multiplication des confréries au XVIIème siècle a surtout été suscitée par l’expression des rivalités et des jalousies entre les personnes et par l’émergence d’idéologies divergentes, plutôt que par la simple expression de la charité chrétienne…

 

LES GRANDES CONFRÉRIES CIOTADENNES

Procession des "Blancs"

 

LES PÉNITENTS BLANCS

Armoiries

La confrérie des Pénitents Blancs doit être la plus ancienne à La Ciotat, puisqu’elle semble, au moins par le costume, dériver de celle du Saint-Esprit et, après elle, de celle de Sainte Barbe, toutes deux antérieures comme nous l’avons vu. Sans pouvoir situer exactement l'endroit, il apparaît dans des cadastres antérieurs à 1500, que cette confrérie eut un premier local dans "Lou Dintre" (l’intérieur des premières fortifications) et une chapelle dans l'église paroissiale primitive (dans la tour de la "Gleisa").

 

Pénitent en prière                                    Chapelle Sainte-Barbe, la "vieille"

 

Lors de l'agrandissement de la ville vers 1550 et l'établissement de la nouvelle enceinte de 1553, les confrères de Sainte-Barbe élevèrent une seconde chapelle dite « la vieille » Sainte-Barbe (pour laquelle les « blancs » avaient une grande dévotion) au n° 2 de l’actuelle rue Ledru-Rollin (reconnaissable à sa grande porte sculptée). Après cette deuxième installation, en 1599, ils décident de construire une troisième chapelle (vers le cimetière « neuf » St-Jacques devant le futur Hôpital-Hospice). Les Pénitents Blancs avaient encore dédié cette 3ème chapelle à Sainte Barbe, mais elle comportait divers autels dont celui du Saint-Esprit (ce qui prouve encore leur liaison avec l’ancienne confrérie).

Mais si la fondation de la confrérie des pénitents blancs, composée de gens aisés : bourgeois et aristocrates, est semble-t-il fort ancienne, on ne retrouve trace de la régularisation officielle de ses règlements et statuts qu’en 1610, avec la signature de son autorisation par l'Evêque de Marseille.

 

Procession des "Blancs"

 

Le 4 décembre 1699, les Pénitents Blancs décidèrent que, « le jour de la fête de Sainte Anne, les Consuls seraient priés d'y assister et que la procession passera devant la maison des Consuls et que le corps de musique y fera la symphonie ». Ces processions de Pénitents qui se faisaient à la nuit tombante, avec force flambeaux, croix et chants funèbres, étaient une distraction appréciée de la population. Le cortège s'arrêtait devant des reposoirs dressés dans les divers quartiers et devant les maisons des notables.

La 3ème chapelle, commencée en 1618 et terminée un an plus tard, était une des plus belles de la ville : «Cette chapelle était bien bâtie, fort claire, boisée proprement et ornée de très beaux tableaux représentant la vie et le martyre de Sainte Barbe. Il y avait dans l'anti-chapelle un serpent d'une longueur prodigieuse ayant quatorze ou quinze pieds, empaillé, et dans la cuisine, un crocodile également empaillé !» Les inventaires et les restes de cette chapelle prouveront plus tard la richesse de sa décoration provenant des nombreux legs et donations de riches bourgeois qui obtenaient ainsi la permission d’y être enterrés.

Tableau du Saint Esprit Triomphant          Bas-relief de l'ancienne chapelle des "Blancs"

Outre cette chapelle citadine, les Pénitents Blancs avaient également acquis de nombreux terrains en campagne et y avaient édifié des chapelles rurales : la chapelle Sainte-Croix, la chapelle Saint-Loup, la chapelle SaintRoch et la chapelle Saint-Monas (ruinées de nos jours).

Les Pénitents Blancs, avec leurs offices fastueux, leurs services funèbres, leurs vêpres, dont les sermons drainaient toute l’aristocratie et la grande bourgeoisie, continuèrent leurs activités jusqu'à la Révolution. En 1792, la chapelle Sainte Barbe est décrétée bien national, mais utilisée comme lieu de réunion, elle ne fut pas vendue mais sera vidée de tous ses objets religieux dont la plupart seront brûlés ou détruits (quelques uns ont été sauvés et sont exposés au Musée Ciotaden). Elle est ensuite convertie en prétoire de justice de paix puis, servit à toutes sortes d'usages : magasin à fourrage, dépôt de matériel communal, etc... Mal entretenue, elle tombait en ruines quand la Municipalité, qui y logeait le corbillard, décida, en 1883, de démolir les parties ruinées et d'élever à sa place un théâtre municipal.

 

Théâtre Municipal                                Notre-Dame-de-Grâce

 

Ainsi, les murs furent rasés presque entièrement, mais le sol ne fut pas fouillé et les tombes restèrent inviolées. On reste rêveur en pensant à tous ces ancêtres de ciotadens qui reposent ici : prés de 310 personnes furent inhumées dans les caveaux de la chapelle Sainte-Barbe…

 

LES PÉNITENTS BLEUS

Armoiries

Procession des "Bleus"

 

La confrérie des Pénitents Bleus fut la plus riche et si, comme nous l’avons vu, elle n’est pas la plus vieille, c’est elle qui laissa la première trace officielle de son existence : Au nombre de 65, placés sous l'invocation de Notre-Dame de Grâce et ayant choisi pour fête patronale le jour de la Nativité de la Vierge (le 8 septembre), les « Bleus » avaient en effet présenté à l'Evêque, Mgr Raguenau, une demande d'autorisation en bonne et due forme en 1597. Ils durent pour cela, exhiber leurs statuts et donner le lieu où ils prétendaient édifier leur chapelle : « les requérants indiquent que la chapelle sera édifiée en la petite rue de la Porte Réale, sur le coin, au lieu de La Ciotat »... En attendant, on les autorisa à dire l'office dans la chapelle Saint-Antoine à l'Escalet. Appuyés par le vicaire (curé) et les prieurs de la ville, l'évêque leur donna sa permission le 21 juillet 1597. Les confrères se réunirent donc d’août à décembre dans la chapelle Saint-Antoine et firent construire immédiatement leur chapelle de N.-D. de Grâce.

 

Bourras des "Bleus"          N.-D. de Grâce fin XIXème

 

Cette confrérie, formée par les plus riches bourgeois de la ville, était surtout composée de mariniers et de navigateurs, elle devint donc vite riche et prospère. Non contents d'avoir une chapelle en ville, les Bleus en voulurent une au dehors et choisirent le lieu le plus apparent du terroir. En 1610, le dimanche jour des Rameaux, ils allèrent en procession sur la montagne de la Roque Redonne qui venait de prendre le nom de la Gardy après l’installation de la nouvelle vigie et, après avoir planté une croix, décidèrent d’édifier à la place de l’Ermitage de « la Gardy » qui existait déjà là depuis au moins 1500, une chapelle qui serait appelée Notre-Dame de la Garde (voir ICI la page correspondante).

 

N.-D. de Grâce et ses Pénitents Bleus         N.-D. de Grâce détail

 

Toujours plus prospères, les Pénitents Bleus, achètent en 1618 des terrains autour de leur chapelle urbaine puis, décident de lui en adjoindre une nouvelle, plus imposante, en 1626. Le site est particulièrement pittoresque « en face du golfe et au sommet d'un large amphithéâtre de gradins coupés de tertres et ombragés d'alisiers ». Les travaux d'embellissement des abords de cette nouvelle chapelle furent très longs et les nombreuses quittances ou actes d'achats s'échelonnent jusqu'à 1630. Les pénitents se feront alors inhumer dans différents caveaux sous cette chapelle et font de nombreux legs pour l’entretenir. On dénombrera 519 personnes enterrées dans le sous-sol de la grande chapelle. (Cette coutume ne cessera qu’en 1776, sur un ordre du Roi).

La confrérie édifie encore, à la fin du XVIIIème siècle, une deuxième chapelle rurale, dite la Capellette, sur la route conduisant à N.-D. de la Garde, pour servir de repos aux processions allant à la Garde. Mais la Révolution et l’endettement énorme pour tous ces édifices et l’aménagement des abords de leur chapelle vont avoir raison de cette confrérie.

 

N.-D. de Grâce et esplanade début XXème

 

LES PÉNITENTS NOIRS

Armoiries
Bourras des "Noirs"

Quant aux Pénitents Noirs, ils sont 24 et les derniers à fonder leur Confrérie le 15 août 1630, sous le titre de notre-Dame de Miséricorde. Au début, ils vont eux aussi se réunir dans la vieille chapelle Saint-Antoine à l’Escalet. Puis, en novembre de la même année, ils achètent un terrain à l'intérieur de la nouvelle ceinture des remparts, dans le quartier « neuf » du Grand Puits, près de la porte de Cassis (rue Maréchal Joffre), où ils édifient leur chapelle de Notre-Dame de Miséricorde (ou de Pitié ou des Neiges selon les sources et actuelle chapelle Sainte-Anne…).

 

Chapelle Ste Anne ancienne ND de Miséricorde

 

Les pénitents recevaient des dons importants à l'occasion du décès des leurs et touchaient de larges aumônes pour les obsèques des particuliers. Ils furent donc bientôt en mesure de faire construire cette chapelle qu’ils firent élever en pierres de Couronne, avec une façade et un fronton dans le style de la Contre-Réforme. Mais cette chapelle était trop grandiose pour la petite communauté et, bientôt, elle dut s'endetter pour la continuer. Elle ne reçoit qu’en 1646 les premières inhumations de pénitents et ne sera définitivement achevée qu’en 1659. On y fait venir en 1669 de précieuses reliques.

 

Chapelle Ste Anne ancienne 1910

 

Mais, en 1693, les pénitents trop endettés, quittent les lieux et vendent l’édifice aux Pères Servites qui venaient de Fontsainte et voulaient s’établir intra-muros. Ces derniers rebaptisent la chapelle du nom de Notre-Dame des Sept Douleurs. Les pénitents noirs conservent un temps pour se réunir la sacristie et le jardin voisin, bien qu'il fût la propriété des religieux Minimes depuis 1638, prit le nom de « jardin des Noirs ».

 

Chapelle St-Joseph (seconde des "Noirs")                 Chapelle St-Joseph (entée)

 

Après avoir vendu leur première chapelle, les « Noirs » achetèrent, en 1697, un terrain, cinquante mètres plus loin à gauche, contigu au rempart de la porte de Cassis. L’endroit fut visité par les autorités religieuses et une ordonnance de l'évêque permit de faire bâtir une nouvelle chapelle. Le 10 octobre 1697 eut lieu la pose de la première pierre. Beaucoup plus modeste, cette seconde chapelle de Notre Dame de Miséricorde fut vite construite et reçut les premières inhumations dès 1698.

 

Inhumation de Pénitent

 

L’étude des personnes inhumées montre bien que ces Pénitents Noirs étaient de petites gens, d’essence plus humble que les Blancs ou les Bleus, surtout des travailleurs manuels, des artisans et des paysans… Partout ailleurs à l’époque, en Provence du moins, c’était aux Noirs qu’étaient dévolues les tâches les plus ingrates : ils portaient les morts au cimetière (en particulier la dépouille des criminels exécutés) mais on ne retrouve pas à La Ciotat de preuve formelle de cette fonction de fossoyeur... Ils ne furent pas assez riches pour faire construire des chapelles rurales et l’inventaire puis la vente de leur chapelle en 1792 et 1795 montre la modestie de leurs biens.. On trouve même la trace de nombreuses dettes ! Il semble par contre que cette humilité, loin des fastes des autres confréries, leur ait permis de poursuivre leur culte aprés la Révolution. Comme nous le verrons, ils restèrent indépendants lors des essais de reprise des confréries à la Restauration et furent remplacés dans leur chapelle par la congrégation de Saint-Joseph en 1821.

 

LE DÉCLIN DES CONFRÉRIES

  Cocarde révolutionnaire

Après la Révolution, les confréries étant supprimées, leurs biens devinrent biens nationaux. Tout est vendu, les chapelles mal entretenues, surtout les rurales, tombèrent souvent en ruines. Seules, la chapelle de Sainte-Barbe et celle de Notre-Dame de Grâce ne furent pas vendues mais simplement pillées car elles servirent de salles de réunions. Nombre d’événements se déroulèrent, soit à l'intérieur de ces chapelles : assemblées primaires, réunions de la garde nationale, élections communales, etc., soit sur l'esplanade de Notre-Dame de Grâce avec le culte de la Déesse Raison et surtout pour la fête de la Fédération. De ce fait, ces lieux, autrefois si grandioses et si riches, allaient être progressivement dégradés.

A la Restauration, les confréries voulurent se reconstituer et on retrouve dans le moindre village des pénitents vus avec bienveillance par les autorités civiles locales, avec réserve (car elles entraînaient des « querelles de sacristie ») par le clergé dont elles battent l'autorité en brèche et surtout avec défiance par le pouvoir central.

A La Ciotat, en juillet 1817, les Pénitents Bleus et les Blancs sollicitent le rétablissement de leur confrérie auprès des Vicaires Généraux du Diocèse et du Préfet du Département. Il leur fut répondu que : « deux confréries dans la même paroisse présenteraient des inconvénients sans offrir plus d'utilité… et qu’un règlement de feu Mgr de Cice disait qu'il ne pourrait être établi qu'une confrérie par paroisse. »

Aussi, le premier septembre 1818, 24 ciotadens, anciens pénitents : 8 blancs, 8 bleus et 8 noirs, se réunissent dans le presbytère en présence de M. Portails, curé, et conviennent de ne former qu'une seule confrérie, vêtue de blanc, sous le titre de Vierge de Grâce et de se réunir dans l'église des Minimes, en attendant de racheter la chapelle N.-D. de Grâce. D’autres pétitions, avec avis favorable des curés suivront et, le 25 mars 1819, la nouvelle confrérie est créée. On conserve la chapelle des Bleus, le costume des Blancs, mais les Noirs ne veulent pas en faire partie…

 

N.-D. de Grâce (actuelle)          Chapelle Ste Anne 1912


La chapelle N.-D. de Grâce est rachetée le 4 décembre 1821 et sera rendue au culte en juillet 1822 en grande pompe et en présence de tous les corps constitués : clergé, Conseil Municipal, fonctionnaires et gendarmes.. ! Mais, pour la faire réparer, la nouvelle confrérie fait un emprunt par l’intermédiaire d’un prête-nom et la donne en garantie. Ce dernier faisant faillite en 1827, la chapelle sera saisie puis vendue en 1832 et les confrères durent encore se cotiser pour rembourser le prêt !

A partir de 1843, les quelques Pénitents qui subsistaient reprirent leurs rivalités au travers de formations chorales qui chantaient revêtus de la cape : « Chœur Vierge de Grâce » de la confrérie unifiée des Blancs et des Bleus, contre « Chœur Saint-Jean-Baptiste » (laïcisé plus tard en : « Les Enfants d'Apollon ») émanant des Noirs non rattachés, chacun faisait assaut de virtuosité. Un temps réunis en 1872, ces groupes vocaux se séparèrent à nouveau et le chœur des Blancs prit, tout seul, le nom de « Fusion Chorale ».

Mais les pénitents, dont la charge se perpétuait de père en fils, ne se sont pas renouvelés. Lentement, ils disparurent par extinction et lors de la fête de Sainte-Barbe, le 4 décembre 1877, il n’en restait plus que trois en costume et, plus du tout, en 1882, après quelques 450 ans d’existence...

 

                          

 

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