LÉGENDES DE PÊCHEURS 


Ces légendes foisonnent le long des quais du Port Vieux… Tant il est vrai que l’imagination des pêcheurs est prolifique, surtout de par chez nous…

Histoires anciennes colportées de barques en barques et de générations en générations, certains y croyaient « mordicus », au point d’en faire des cauchemars, et elles ne manquaient pas d’impressionner les plus jeunes…

Leur point commun était souvent de sanctionner celui qui ne respectait pas les sacro-saints règlements de pêche et qui faisait preuve, dans sa pratique, du travers le plus méprisable pour ses compagnons : La Cupidité…

Nous relaterons ici deux d’entre elles, parmi les plus connues et les plus anciennes…

 

La Grotte Merveilleuse du Cap de l’Aigle

 

Le Cap de l'Aigle

 

Un pêcheur, relate Sebillot (Traditions Populaires de Provence), s’étant aventuré sur les rochers du Cap qui abrite La Ciotat, tomba à la mer et ne se fit aucun mal, ayant invoqué au moment de sa chute Sainte Madeleine ou Notre-Dame-de-la-Garde.
Il pénétra dans une grotte qui renfermait les plus belles tranches de corail que l’on puisse voir. Mais ce jour là, il ne songea pas à dérober les richesses qui l’entouraient et, voyant un rayon de soleil qui lui indiquait la marche à suivre, il se hâta de sortir de la caverne.

 


Quelques jours plus tard, il y retourna, mais suivant les uns, il ne put en retrouver l’ouverture, d’après les autres, quand il eut ramassé le corail, il ne revit plus le rayon lumineux qui lui servait de guide. Il mourut de faim à côté de sa richesse inutile...
Cette tradition a été rapportée sous une forme moins légendaire dans le premier quart du XIXème siècle : un nageur, ayant été entraîné dans une grotte, y aurait découvert le plus beau des corails et s’en serait emparé… Toute la ville fut alors persuadée de cette découverte et beaucoup cherchèrent vainement à retrouver cette mine merveilleuse…

 

 

 

La Pêche Macabre

 

Un patron ciotaden, infidèle à la règle et poussé par le démon du lucre, partit à la nuitée pour promener son gangui (sorte de filet) sur les fonds poissonneux qui avoisinent les Baumelles. A peine avait-il jeté son filet à la mer qu’un orage épouvantable éclata sur le golfe. Les eaux soulevées faisaient bondir sa barque comme un bouchon de liège et, sous les jets lumineux des éclairs, la mer prit une teinte rouge sombre…

 


Le pêcheur se hâta de remonter son filet, péniblement, car la barque était roulée et la poche du gangui était pesante… Quand elle fut sur le bord, il la vida dans son bateau, mais, chose horrible, c’étaient des ossements humains qu’elle contenait avec, dans le tas, un crâne dans lequel brûlait une bougie !


L’infortuné fut recueilli le lendemain sur la plage des Baumelles.. Dépenaillé, l’œil hagard, les cheveux au vent, il errait sur le rivage et chantait sur un ton dolent un refrain appris jadis quand il débuta dans son rude métier :

« S’anan tira la courto païo, lou moussi n’en sera manja, landerirelo… »

 

Cette légende était contée lors des veillées pendant la fête des Trépassés, le jour de la Toussaint, histoire d’entretenir l’ambiance…!

 

 

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