LA GROTTE DES ESPAGNOLS

 

La grotte

 

Cela se passait il y a longtemps, certains disent sous le règne Louis XIII… Une bande de faux monnayeurs Catalans s’était installée sur les Crêtes de Cassis et, tout particulièrement dans la sombre caverne d’aspect inquiétant du « Baoume de Canaille ».

Peu connue, si ça n’est des gens de la colline, bergers, chasseurs et bûcherons, cette grotte était de plus protégée par la forêt et la terreur superstitieuse que suscitaient les cavernes à cette époque, ce qui en faisait un repaire idéal.

Mais que venaient chercher ici ces faussaires ? Depuis combien de temps étaient-ils là ? A quel sombre trafic s’employaient-ils ? Nul ne le sait...

Tout ce que dit la légende, c’est que le calme des lieus fit petit à petit relâcher la surveillance des occupants et qu’un jour les soldats du Roi cernèrent la grotte !

 

Soldats

Certains d’entre eux se risquent déjà à pénétrer, faisant une cible idéale pour les brigands, aussitôt les armes détonnent sous le grand porche de la caverne. L’échange de coups de feux dure un bon moment et les soldats sont numériquement les plus forts. Les Espagnols sentent leurs munitions s’épuiser et qu’ils seront bientôt prêts pour le gibet !

L’idée d’un piège germe alors dans leur esprit, ils connaissent une galerie naturelle qui conduit au pied de la falaise et tandis que certains continuent à tirer, les autres préparent une mine qui écroulera la voûte derrière eux, en couvrant leur fuite.

Une dernière volée de balles vers les soldats et la mèche est allumée, ils détalent alors au plus vite dans le passage secret.

A l’entrée de la caverne, le silence qui a fait place aux détonations étonne les soldats. Ils s’avancent prudemment, pensant que les assaillis sont à court de munitions.. Cent cinquante mètres plus bas, les faussaires bondissent dans les buissons en se ruant vers la mer.

Là haut, les soldats enhardis par l’absence de riposte, investissent la grotte. Tout à coup, un vacarme épouvantable et le souffle d’une explosion viennent les balayer.

 

Dans la lueur rouge de l’explosion et l’épaisse fumée, les militaires restés au dehors voient d’énormes blocs de roches basculer et, dans un terrible éboulement, se fermer à jamais le passage secret…

Les rares survivants, purent alors voir du haut de la falaise, se profiler, déjà loin sur la mer, une barque, toutes voiles dehors, qui fendait les flots vers les côtes ibériques…

 

  

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