Théodore ROUSTAN  

1833-1906

Théodore ROUSTAN

 

Théodore Roustan est né à La Ciotat en 1833, de Roch Roustan, recteur de l’université, et de Dorothée Fabre de la Maurelle, sœur de l’amiral.

Après de brillantes études, il entre dans la carrière diplomatique et devient Consul de France à Tunis en 1874, puis conseil général en 1879.

C’est à ce titre qu’il va servir, en 1881, la politique coloniale de Jules Ferry, alors président du Conseil des ministres. Voulant couvrir l’Algérie à l’est, le gouvernement français trompe l’Italie par des notes rassurantes et débarque brusquement, en avril 1881, quelques 30.000 hommes de troupe à Tunis. Le Bey s’incline aussitôt et signe le traité du Bardo le 12 mai 1881.

Théodore Roustan, promu au rang de ministre plénipotentiaire pour la France, a été le principal négociateur français de ce traité qui ouvrait la porte du protectorat sur la Tunisie. Tous, alors, s’en félicitent..

Mais, le 25 septembre 1881, des rumeurs calomnieuses commencent à courir.. Suite à une révolte fomentée par le Sultan de Turquie, suzerain du Bey, les troupes françaises, qui n’avaient jusqu’alors pas tiré un seul coup de fusil, doivent reprendre, une par une, les villes du sud tunisien proches de la Tripolitaine.

Le sang coule et, du coup, l’opinion française, démotivée par les progrès de la colonisation, s’en prend violemment au gouvernement. Le journal "l’Intransigeant", de Henri Rochefort publie un article selon lequel l’expédition de Tunisie n’avait été faite qu’en vue du succès d’une opération financière. Théodore Roustan est accusé d’avoir facilité cette "magouille". Il intente alors un procès à Rochefort pour propos calomnieux.

Le 16 décembre, on apprend l’acquittement de Rochefort.. "le Siècle" écrit : "C’est parceque M. Roustan n’a pas su maintenir dans l’ombre et assez loin de lui des collaborateurs équivoques, dont il avait cru devoir se servir, qu’il succombe aujourd’hui et perd le bénéfice moral des services réels qu’il a rendu au pays"..

Mais "le Radical" donne la vraie raison du verdict : "Le retentissement de ce procès sera immense, écrit-il, car il va frapper en pleine poitrine, non seulement M. Roustan, qui n’est qu’un second rôle, non seulement le ministère défunt qui l’avait couvert (celui de Jules Ferry, contraint de démissionner)… mais surtout le chef de l’actuel cabinet : M. Gambetta en personne".

Ainsi, à travers Théodore Roustan, ce sont les dirigeants radicaux Jules Ferry et Gambetta qui sont visés et tout ce tapage couvre en fait une opération politicienne. De fait, les incidents en Tunisie passés, jamais le protectorat français ne fut remis en cause durant 75 ans..

Après le procès, Théodore Roustan retourna, pour la forme, reprendre son poste à Tunis. Mais, dès le 24 février 1882, il est muté à Washington avec le titre d’ "envoyé extraordinaire et plénipotentiaire", puis, d’ambassadeur de France. En 1892, il se rapproche de sa ville natale en devenant ambassadeur à Madrid. A sa retraite, il devint, à la demande du Quai d’Orsay, président de la commission d’arbitrage entre la Colombie et la Costa-Rica.

Frère de l’amiral Albert Roustan, il venait chaque année passer une partie de l’été chez sa sœur, Mme Ritt, dans sa campagne de la Maurelle.

Théodore Roustan mourut à Paris, après une longue maladie, en début d’août 1906.

 

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