Louis BENET   

(1805- 1877)

Louis Benet est né à la Ciotat, le 3 juillet 1805, de Toussaint Barth et de Anne Thérèse Olivier.

Ce fut un des grands rénovateurs de l’industrie de notre région. A 25 ans, il dirige déjà, avec son père, des chantiers de construction à Marseille. Puis il fonde à La Ciotat sa propre entreprise : une filature de soie et coton dans l’ancien couvent des Bernardines.
Les bateaux que l’on construisait à l’époque étaient des navires en bois et à voiles. Louis Benet rêvait de construire des navires en fer, mus par la vapeur. En 1835, il délaisse la filature pour créer dans notre ville des chantiers navals qui portent son nom.
Mais, si l’expertise ciotadenne est reconnue pour la construction des coques et gréements avec les deux constructeurs ciotadens, Vence père et fils, l’avance britannique est écrasante à l’époque pour les machines à vapeur « marines ». Aussi, Benet ira chercher ses machines en Angleterre. Et, en mai 1836, Louis Benet, lançe à l’escalet le premier paquebot à vapeur français de la Méditerranée: « le Phocéen I ». La construction est française, mais la machine vient d’Angleterre. Les côtes en seront adaptées par Vence qui fait faire des gabarits, convertissant les mesures anglaises en mesures « ciotadennes » (le mètre n’étant pas encore couramment adopté !).

 

Le Phocéen I

 

En 1838, le 20 janvier, on lance le premier navire du nouveau chantier, c’est « le Phénicien ». Puis « Le Vesuve » suivra équipé de la première coque en fer que Vence construira.

Voulant se libérer de l'hégémonie britannique, Louis Benet décide de créer en1839, une fabrique de machines à vapeur dans les locaux de son ancienne filature et il transfère le chantier naval entre les deux môles, à l’endroit où il se trouve toujours. L’activité des Ateliers de Construction de Machines à Vapeur de La Ciotat, créés par Benet, reste encore très polyvalente : bateaux en bois, coques en fer, machines à vapeur pour moulins, mais aussi locomotives sous licence anglaise.. En 1840, sortent les vapeurs « Saphir » et « Rubis », toujours avec des machines anglaises importées.
Enfin, le 20 mai 1841, c’est le lancement du premier vapeur 100% français (coque et machine), « le Phocéen II ».

 

Le Philippe Auguste


Désormais, tous les navires produits auront leur coque et leur machine construite entièrement à la Ciotat. Les innovations se succèdent : 1844: le "Narval", premier bâtiment en fer et à vapeur de la Marine Nationale, 1845:  le "Philippe Auguste",  premier navire en fer et à roue destiné au transport des voyageurs en Méditerranée, 1847: le "Bonaparte", premier vapeur à hélice en Méditerranée.. On comptera de 1836 à 1851, 37 navires à vapeur construits par les chantiers Benet de la Ciotat.

Mais, la production des locomotives n'est pas satisfaisante, moins rentable et moins fiable que celle des anglais, de plus Benet jouissait de soutiens trés haut placés dans l’Ancien Régime et la Révolution de 1848 sera pour lui une catastrophe. Marqué politiquement, il se voit refuser des financements bancaires. Du coup, le chantier est en cessation d’activité et doit débaucher son personnel : quelques 800 ouvriers…

En 1851, Louis Benet reçoit une offre de rachat de ses chantiers par une société en formation, subventionnée par l’état pour assurer le service postal du Levant. La Compagnie Nationales des Messageries Maritimes, créée sous l’impulsion d’Albert Rostand et dirigée par Ernest Simons et Armand Béhic, est en effet intéressée par cette reprise qui lui permettra de renouveler par de nouvelles unités, faites à La Ciotat, les vieux navires postaux de l’état.
Après avoir vendu ses chantiers de la Ciotat, Louis Benet créera, à Marseille, la fonderie de Menpenti qui devint le principal fournisseur des forges et chantiers de la région. Il fonde en même temps une corderie importante, la firme Benet, Duboul et Cie.

Louis Benet fut conseiller général du canton de la Ciotat de 1849 à 1860.
Il est mort à Marseille à 74 ans, le 28 juin 1877 et est inhumé dans le caveau de sa famille à la Ciotat.

 

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