Charles GRIMALDI de REGUSSE   

(1612-1687)

Charles GRIMALDI

 

Le nom de Grimaldi, ou Grimaud, a été illustré à la Ciotat par la branche des « Marquis de Régusse », collatérale de la famille souveraine de Monaco .

Le premier Grimaud serait venu à la Ciotat de Gênes, en 1531, il se prénommait: Ghilhen. (Raoul Wagner : Dictionnaire Biographique des Bouches du Rhône). Mais le nom se rencontrait déjà dans la population du bourg, car il figure dans le cadastre de 1480. Ceci serait du à la présence de branches différentes, car on rencontre à diverses reprises (en 1562 et en 1563), deux Guilhen Grimaud, dont l’un, fils de Jacques, est certainement différent de la lignée qui nous occupe. Etienne Masse mentionne aussi dans son « Mémoire Historique » un « Gulhen » Grimaud qui, vers la fin du XVIème siècle, se trouvait avoir réalisé, dans le commerce des grains, une fortune considérable de 1.800.000 livres.

Mais, revenons à la branche « officielle », plus documentée :

Oberto Grimaldi, seigneur de Monaco, consul de la République de Gênes en 1233, qu’on a surnommé « le père des Grimaldi », avait eu quatre fils qui donnèrent naissance aux quatre branches de la famille.

L’un de ces fils fonda la branche de Gênes, dont il devint l’un des « Huit Nobles ». Un de ses descendants, Guilhen, vint donc s’établir à La Ciotat en 1531. Veuf d’Hélène de Flisco, épousée à Gênes en 1508, il se remariera à La Ciotat avec une demoiselle Prépaud. Il en aura un fils, Michel, qui devint seigneur de Régusse, car cette terre seigneuriale sera achetée en 1613, au nom des Grimaldi, par son fils Gaspard. Cette terre était située sur la rive droite de Verdun, à trois lieues de Riez et autant de Barjols. Elle avait, autrefois, appartenu aux templiers et sera érigée en marquisat, en 1649, sous Louis XIV..

Gaspard de Grimaldi mourut à La Ciotat en 1657, à l’âge de 93 ans. Il avait épousé, quelques 60 ans plus tôt, la dame d’Amalrie dont il eut trois enfants. Le plus jeune, Pierre, se maria avec Louise de Laydet, fille d’un conseiller au Parlement. Charles de Grimaldi naquit de ce mariage le 10 août 1612. Orphelin à l’âge de 5 ans, il fut élevé à La Ciotat par son aïeul paternel, Gaspard, qui fit bâtir pour lui, vers 1630, l’immeuble du 18, rue Adolphe Abeille.

 

L'hôtel Grimaldi-Régusse au 18 rue Abeille

 

Le jeune Charles, fit ses études au collège des Jésuites d’Avignon, où il passa 8 années. Il étudia ensuite le droit et en devint docteur en Avignon, le 13 décembre 1630. Conseiller au Parlement, en 1633, comme son grand-père maternel, il en sera nommé président en 1643. D'après les estimations portées sur le cadastre de 1636, la fortune immobilière des Grimaldi pour le seul terroir de La Ciotat est alors évalué à environ 70.000 livres, total sans doute inférieur à réalité, mais déjà fort conséquent (une belle maison coûtait alors 300 livres!). En 1649, la terre des Régusse est érigée en marquisat. Commissaire du roi à l’Assemblée des communes, tenue à Aubagne en 1652, il est par la suite dénoncé comme « rebelle au roi » par le président d’Oppède et exilé 11 mois à Issoudun en Berry. Mais pourquoi cette délation et cette sanction ?

Charles de Grimaldi Régusse était très lié avec le clan des Valbelle, très influent à Marseille, depuis le début du XVII siècle, tant au plan des affaires que de celui de la politique:

- En affaires, la fortune des deux familles était issue des taxes qu’elles levaient sur les négociants faisant commerce avec l’Egypte. Or, ces taxes étaient fortement alourdies par la malhonnêteté du fermier, prête-nom du tandem Valbelle-Régusse, qui, systématiquement, avantageait les négociants de La Ciotat aux dépends de ceux de Marseille. D’où, rancoeurs et haines tenaces.

- Politiquement, Antoine de Valbelle et Charles de Grimaldi sont certes des soutiens fidèles du roi, mais ne tolèrent aucune intrusion de l’autorité royale dans la vie de la ville ou de la province. Louis XIV ne peut admettre cela. Les partisans du roi excluent peu à peu les amis de Valbelle de la politique marseillaise. Valbelle et Régusse glissent alors dans l’opposition ouverte au pouvoir royal.. D’où, ce premier exil.

Rappelé en février 1659, Charles de Grimaldi-Régusse revient à La Ciotat. En janvier 1660, il reçoit, dans sa maison d’Aix, le Louis XIV en visite.
Mais en 1661, nouvelle disgrâce, nouvel exil, à Abbeville cette fois.. Il en revient en 1664 et il est alors nommé second président au Parlement d’Aix. En 1667, le roi l’élève même au poste de Conseiller d’Etat, avec une pension de 2000 livres. Rendu à la vie civile, il se retire à La Ciotat dans son hôtel de la rue de la Tasse (actuelle rue Abeille) et acquiert encore, en 1685, la baronnie de Roumoules, à une lieue de Riez, après que les Huguenots en aient été chassés. Il meurt le 6 novembre 1687 et sera inhumé le même jour dans la sépulture de ses ancêtres dans l’église des R.P. de l’Oratoire.

A La Ciotat, les propriétés bâties des Grimaldi consistaient en une dizaine d’immeubles, dont l’hôtel du 18, rue Adolphe Abeille et celui au 17, rue des Poilus, aujourd'hui disparu. On y reçut, en 1647, le comte d'Alais, alors Gouverneur de Provence, puis, en 1669, Philippe de Bourbon-Vendome, alors Abbé de St. Victor et arrière petit-fils d'Henri IV. Ils possédaient également une dizaine de propriétés rurales, dont la principale : le domaine de la Tour, fut incluse dans les dépendances du marquisat en 1649. De plus, en 1669, une bulle du légat d’Avignon érigea en arrière-fief de Saint-Victor « la terre et la bastide de la Tour, au terroir de La Ciotat, en faveur de Charles de Grimaldi ».


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