Victor DELACOUR  

(1825-1864)

Victor DELACOUR

Victor Delacour, est né en 1826 à Paris de Nicolas Delacour et de Balthazar Anne Henriette. Il fut ingénieur des constructions navales et directeur des travaux de la Compagnie des Messageries Impériales.

Elève de l'Ecole Polytechnique en 1844, et du génie maritime en 1846, il est nommé, en 1848, sous ingénieur de 3ème classe puis, cinq ans plus tard, sous-ingénieur de 1ère classe. C’est à cette époque que l'ingénieur Dupuy de Lôme le recommande au choix de la Compagnie des Messageries Impériales pour le poste d’ingénieur en chef des ateliers. On le nomme peu après directeur des travaux.
A dater de ce moment s'ouvre sa période d’ingénieur maritime.. Delacour y fait ses preuves, et les nombreux steamers construits sur ses plans et sa direction sont un témoignage non équivoque de ses connaissances et de son mérite. Durant ses dix années de carrière à La Ciotat, il conçut et dirigea la construction de prés de 23 navires.

 

Le Danube


Nous pouvons citer « le Danube » qui lui valut, en 1855, la croix de la Légion d’Honneur, « le Cydnus », « le Phase » (paquebot coulé dans les Bouches de Bonifacio, qui grâce à lui, fut remis à flot après un sauvetage difficile).
Citons encore « la Néva », « l’Hermus », « le Pausilippe », « le Quirina » et les grands paquebots qui devaient ouvrir le premier service transatlantique français : « la Guienne », « la Navarre », « l’Estramadure », « le Béarn »..

 

La Guienne


Le 10 septembre 1860, La Ciotat était en fête : on lançait, en présence de l’Empereur et de l’Impératrice, le pionnier d’un nouveau service français : « l’Impératrice ». M. Delacour y présidait et inaugurait ainsi la série des constructions destinées aux mers de Chine.
Se furent : « le Cambodge », « le Donai », « le Tigre », puis « l’Alphée », « l’Erimanthe », « le Dupleix », « le Labourdonnais », « le Meinam » et enfin « le Péluse », « le Moaris » et « le Saïd ». L’homme qui avait concouru à la création aussi rapide de cette ligne fut nommé, en 1862, lors du premier départ pour la Chine, officier de la Légion d’Honneur. Tout cela témoigne des qualités de Delacour comme ingénieur.
Mais sur le plan social, cet homme, chef de ces 3500 ouvriers réunis dans les ateliers de La Ciotat, méritait autant d’éloges. Delacour fut en effet à l’origine de la construction de la première cité ouvrière de France : créée en 1855-1858, la cité Notre-Dame-des-Victoires s’étendait sur près de 21.000 m2 et pouvait accueillir près de 800 personnes. C’est surtout parmi cette population ouvrière que Delacour laissa, lors de sa disparition, les plus profonds regrets.

 

Monument à V. Delacour


Sa carrière fut en effet brutalement écourtée par la maladie, il avait à peine trente huit ans quand il décéde, en 1864. A Marseille, tous les paquebots des Messageries ancrés dans le port mirent leur pavillon en berne et leurs vergues en croix en signe de deuil. Des obsèques grandioses eurent lieu à La Ciotat en présence de l’ensemble du personnel du chantier. Les ouvriers feront ériger, par souscription publique, un monument à la mémoire de l’ingénieur. Il sera édifié au centre de la cité ouvrière dont il fut le créateur.

Emblème des Messageries Maritimes

 

Retour   Haut