Emmanuel BARTHELEMY
(1869– 1923)

Emmanuel Barthélemy est né à Trans dans le Var le 30 juillet
1869.
Après ses études primaires, il vient à la Ciotat où
il entre à la Compagnie des Messageries Maritimes. Il suit les cours
du soir dispensés par la Compagnie et devient dessinateur.
C’est le 12 mars 1892 qu’on parle de lui pour la première
fois dans la rubrique locale. Ce soir-là, à l’issue d’une
réunion donnée au théâtre municipal par les citoyens
Paul Laffarge, député de Lille et gendre de Karl Marx, et Bernard
Cadenot, député de Marseille, une douzaine de Ciotadens, dont
le jeune Emmanuel (qui avait assuré le secrétariat de l’assemblée)
fondent, le Cercle d'études sociales. Ce groupe sera l’embryon,
dans l’agglomération ciotadenne, du Parti ouvrier de Jules Guesde,
qui verra le jour officiellement le 1er mai suivant, tandis que la liste du
nouveau parti triomphait aux élections municipales de la Ciotat.
Emmanuel Barthélemy rentre au conseil municipal de notre ville lors d’une
élection complémentaire, le 30 juin 1895 (municipalité
J.C. Reynier). Il y sera réélu en 1896 (municipalité Gassion)
et tous les 4 ans, jusqu’en 1912.
Entre temps, il est devenu le correspondant local du socialisant « Petit
Provençal », et crée, le 5 juillet 1908, le premier Syndicat
Ouvrier des Constructions Navales.

C’est que la crise frappe durement les chantiers et le
chômage s’est installé. La Compagnie des Messageries Maritimes
ne donne plus de travail à La Ciotat qui est en fin de contrat, pour
essayer d’obtenir de l’état une nouvelle convention plus
avantageuse.
Emmanuel Barthélemy va se battre au sein du nouveau syndicat ouvrier
et dans les colonnes du « Petit Provençal » pour soutenir
les intérêts des travailleurs ciotadens.
En 1910, appliquant les recommandations de l’internationale socialiste,
il crée une section adhérente à la S.F.I.O., provoquant
ainsi la scission, au sein de l’agglomération, du parti ouvrier,
dont certain ne veulent pas abandonner l’esprit autonome et éminemment
local.
Elu au conseil général des Bouches du Rhône pour le canton
de la Ciotat, le 24 juillet 1910, sous l’égide de le S.F.I.O, Emmanuel
Barthélemy va donc ouvrir un nouveau front de combat pour la cause ouvrière.
C’est donc au triple titre de conseiller municipal, d’élu
cantonal et de secrétaire du Syndicat qu’il mène, au premier
rang, la dure grève de juin 1911, la première que connaissent
les ateliers ciotadens depuis leur création en 1851.

Emmanuel Barthélemy paiera son activité militante en n’étant
pas réélu à la mairie, lors de la consultation de mai 1912,
qui verra l’arrivée d’une municipalité de tendance
réactionnaire, présidée par le transfuge Louis Crozet.
Mais il gardera son siège de conseiller général du canton
aux élections du 14 décembre 1919 et du 14 mai1922 et ce, jusqu’à
sa mort.
A ce poste, il oeuvrera efficacement, notamment en ce qui concerne l’électrification
de la ligne ferroviaire gare-ville et son prolongement jusqu’à
l’escalet. Hélas ! Les lenteurs administratives ne lui permettront
pas de voir l’aboutissement de son projet.
Emmanuel Barthélemy meurt à la Ciotat le 8 janvier 1923, après
trois mois de maladie. Son décès fut douloureusement ressenti
par la population ciotadenne, toutes tendances confondues. Ses obsèques,
grandioses, furent suivies par des milliers de personnes. Il n’avait guère
plus de 54 ans. Un monument fut érigé en 1924 sur sa tombe (dû
au talent du sculpteur Marius Malau) et une rue de la Ciotat porte son nom.