Jean Joseph André ABEILLE   

(1756-1842)

Dans le courant du XIIIe siècle des guerres civiles agitèrent l’Italie, descendants d’une famille de capitaines marins, trois frères "Abelha" émigrèrent en France. L'un d'eux se fixa à la Ciotat, c'est le père de la branche de la famille Abeille, propriétaire de la Candolle, qui a donné 18 consuls à la ville de La Ciotat de 1556 à 1779.

Jean Joseph ABEILLE

Jean Joseph André ABEILLE est né à La Ciotat le 25 avril 1756.


Il rejoint à 15 ans, un de ses cousins à St-Domingue et y devient propriétaire de plantation et négociant. Rentré à Marseille en 1781, il fonde une société et, dès 1782, affrète quelques 110 navires. Elu en 1789, il est chargé de représenter le commerce marseillais aux Etats généraux et épouse à Paris, en 1790, Elisabeth Bérard du Pithon, fille d’un gros propriétaire de St-Domingue.

Il fait partie, en 1793, du Comité Royaliste qui soulève Marseille contre la Convention et sera élu, par une assemblée générale de toutes les autorités du département, membre de la Commission des Cinq qui est investie de pouvoirs illimités.

 

Plan Anglais de La Ciotat XVIIIe

 

A ce titre, il négocie, le 21 août 1793, avec l’amiral anglais Hood, dont l’escadre bloquait les côtes, la livraison de Marseille et réussit à obtenir le laissez-passer de navires de blé pour ravitailler la ville. Ainsi, La Ciotat bénéficiera d’un court répit, à l'abri de ce gouvernement tutélaire, pendant que la Terreur écrasait le reste de la France.

Puis, c’est la victoire de la République et après la chute de Toulon, il doit s’exiler en Italie mais il obtient assez rapidement sa radiation de la liste des émigrés et revient donc à Marseille vers 1795 (il préfère laisser sa famille en Toscane jusqu’en 1800..).

Les services signalés qu'il avait eu l'occasion de rendre à l'ordre de Malte lui valurent la reconnaissance du Grand Maître, Emmanuel de Rohan, qui lui accorda en 1795 la décoration de son ordre.

Ayant récupéré une partie de ses biens confisqués, il reconstruit une nouvelle fortune par le commerce.

En 1804, il est nommé Président de la Commission des Hospices de Marseille et, en 1807, il entre à l’Académie des Belles Lettres de la ville.
Il est l’auteur d’un « Essai sur nos colonies » (1805), d’un « Mémoire au Roi » (1814) et d’une « Relation des Evénements de Marseille et de Toulon en 1793 » (1814).

Il est décoré de la Fleur de Lys en 1814 et de la Croix de St-Louis en 1824.

Jean Joseph Abeille a donc eu une riche destinée, abordant tour à tour, dans un contexte historique pour le moins agité, des domaines aussi disparates que le commerce, la politique et les lettres.

Il meurt à Marseille, le 17 février 1842, âgé de 86 ans.


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